196 hectares libérés : la justice tranche pour Digangali et Gardolé-djédid

L’affaire foncière de Digangali : des conflits dus à des expropriations abusives

Une décision judiciaire initialement limitée à deux hectares de terrain à Digangali soulève aujourd’hui de vives tensions, avec une revendication s’étendant à près de 196 hectares.

Un cadre de tensions autour de l’expropriation

L’affaire s’inscrit dans un contexte où plusieurs quartiers de la capitale, dont Gardolé, Walia et Sabangali, ont été touchés par des opérations d’expropriation pour des projets d’intérêt public. Ces démarches ont été justifiées par la construction d’infrastructures telles que des hôpitaux et des hôtels, entraînant des déplacements difficiles pour de nombreux résidents. Bien que la loi autorise l’expropriation pour cause d’utilité publique, les habitants de ces quartiers estiment que les décisions récentes vont bien au-delà de ce qui était initialement prévu, remettant en cause la légitimité de l’affaire actuelle.

Les résidents dénoncent une extension disproportionnée des droits fonciers, arguant que cette situation constitue une véritable injustice. Les critiques soulignent un manque de transparence dans la gestion des terres, avec des accusations de mauvaise interprétation des décisions judiciaires et de complicité au sein de l’administration.

Le cœur du litige : une décision judiciaire controversée

Le litige repose essentiellement sur l’Ordre civil n°42, qui reconnaît la propriété d’un terrain de 2 hectares, soit 20 000 mètres carrés, à un propriétaire identifié. Toutefois, des interprétations de cette décision sont utilisées pour élargir la revendication à près de 196 hectares, une injustice selon les plaignants, qui estiment que cette manœuvre détourne clairement l’objectif de la décision initiale.

Les allégations de détournement mettent en lumière des défaillances dans la gestion foncière actuelle. Les promoteurs d’une réforme de la gouvernance foncière s’inquiètent de la façon dont ces abus peuvent compromettre la cohésion sociale dans une zone déjà fragilisée par des déplacements forcés.

Appel aux autorités

Face à cette situation, les habitants ont exprimé leur désespoir et leur colère, en lançant un appel frontal aux plus hautes instances de l’État. Ils sollicitent l’intervention du président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, ainsi que celle des ministres de la Justice et de l’Aménagement du territoire. Les requérants demandent la création d’une commission mixte composée d’autorités judiciaires, administratives et locales pour définir précisément les 20 000 mètres carrés reconnus par le jugement.

Dans cette proposition, les résidents espèrent restaurer un cadre légal clair afin d’éviter toute interprétation abusive qui pourrait aboutir à de nouveaux conflits fonciers.

Risques de conflit social

Au-delà des préoccupations juridiques, les acteurs de cette affaire mettent en garde contre des risques de tensions sociales et de violences si une solution durable n’est pas trouvée rapidement. La situation est d’autant plus délicate dans un contexte économique déjà tendu, où les populations déplacées vivent dans des conditions précaires.

Les habitants ont exprimé leur besoin pressant de justice et de transparence de la part des autorités, dans un climat où la gestion des terres pourrait devenir un facteur d’instabilité.

En somme, l’affaire de Digangali illustre un conflit foncier d’une ampleur préoccupante, exposant des fractures sociales difficiles à circonvenir si une réponse adéquate n’est pas apportée dans les meilleurs délais.