6 milliards en ligne, accès inégal
Plus de 6 milliards d’internautes, mais un accès toujours très inégal
Internet a franchi en 2026 un cap considérable avec désormais 6,3 milliards de personnes connectées, soit plus des trois quarts de la population mondiale, selon un récent rapport de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Cette expansion, impliquant une augmentation de 200 millions d’utilisateurs en seulement un an, masque néanmoins des disparités profondes d’accès à travers le globe. Près de 25 % de l’humanité demeure non connectée, ce qui souligne l’inégalité persistante en matière d’accès numérique.
Malgré l’extension massive des infrastructures mobiles, avec 97 % de la population mondiale couverte par un réseau 3G ou une technologie plus avancée, l’accès effectif à Internet reste hors de portée pour environ 2 milliards de personnes. Les régions comme l’Asie du Sud et l’Afrique centrale exemplifient ces lacunes, où l’accès numérique est largement entravé par des facteurs économiques et infrastructurels.
La disparité n’est pas seulement géographique, mais aussi socio-économique. Si 84 % des individus âgés de 10 ans et plus dans le monde possèdent un téléphone mobile, ce chiffre dépasse 95 % dans les économies prospères et chute à 57 % dans les pays à faible revenu. Cette disparité de possession d’équipements traduit des écarts de développement économique qui se reflètent également dans l’accès à Internet : seulement 32 % des habitants des pays à faible revenu utilisent Internet, comparativement à 93 % dans les pays à revenu élevé.
Les statistiques démontrent une inégalité flagrante entre les régions. En Europe et dans les Amériques ainsi qu’au sein de la Communauté des États indépendants, les taux d’utilisation se situent entre 87 % et 93 %. L’Asie-Pacifique affiche 80 % tandis que le monde arabe compte 74 % de sa population en ligne. En revanche, l’Afrique fait face à une pénétration numérique limitée avec seulement 42 % de la population connectée, accentuant ainsi les défis de connectivité sur le continent.
Au-delà de la simple accessibilité, la qualité des réseaux constitue un défi supplémentaire. Si une couverture mobile 3G ou supérieure est presque ubiquitique, les technologies de pointe comme la 5G n’atteignent actuellement que 59 % de la population mondiale. Un écart persiste également entre les zones urbaines où 82 % des habitants sont connectés et les zones rurales, où seulement 63 % des résidents utilisent Internet.
Cet état des lieux appelle à une stratégie globale pour véritablement démocratiser l’accès à Internet. Selon l’UIT, les efforts ne doivent pas se cantonner au seul déploiement des infrastructures. Pour parvenir à un accès universel effectif, il est crucial de réduire le coût des connexions, de garantir la qualité et la disponibilité des services, et de renforcer les compétences numériques des populations, notamment dans les régions les plus démunies.
Le défi est vaste mais fondamental pour s’assurer que les avancées technologiques bénéficient à tous, indépendamment de leur localisation ou de leur situation socio-économique. Les efforts combinés des gouvernements, du secteur privé et des organisations internationales seront essentiels pour bâtir un écosystème numérique inclusif et résilient.