À Koumra, une femme réinvente la cordonnerie et défie les stéréotypes.

Une femme défie les stéréotypes dans le domaine de la cordonnerie à Koumra

À Koumra, une ville d’Afrique centrale, Kemineli Antoinette s’illustre dans un secteur traditionnellement dominé par les hommes : la cordonnerie.

Depuis le début mars, Kemineli Antoinette, âgée d’une trentaine d’années, arpente les rues et les lieux fréquentés de Koumra pour proposer ses services de cirage de chaussures. Sa présence provoque autant de curiosité que d’admiration dans une profession où les femmes sont rarement vues.

Antoinette explique qu’elle a auparavant exercé des petits métiers tels que la vente de bananes et de vêtements, sans pour autant parvenir à assurer une stabilité financière. Elle a décidé de se lancer dans la cordonnerie, notant qu’un regard neuf et surprenant sur ce métier pouvait devenir un atout pour attirer la clientèle. « Je savais d’avance que les gens allaient beaucoup parler, mais j’ai trouvé qu’avec mon genre je vais attirer les regards et me faire de l’argent », affirme-t-elle résolument.

Grâce à cette activité, Antoinette gagne entre 3 000 et 7 000 FCFA par jour, ce qui lui permet de subvenir aux besoins de ses enfants, de ses plus jeunes frères et sœurs, ainsi que de sa mère. Elle encourage les jeunes filles et les femmes à s’engager dans des petites activités génératrices de revenus, plutôt que de rester dans l’attente d’un soutien extérieur.

Au-delà du commerce, Antoinette défend l’idée que les femmes peuvent aussi s’illustrer dans des métiers manuels comme la fabrication de briques ou la construction, à condition de faire preuve de détermination. Elle nourrit même l’ambition d’économiser suffisamment pour intégrer une école de menuiserie afin de créer un jour son propre atelier.

Par son initiative, Kemineli Antoinette incarne un symbole de courage et d’émancipation, démontrant qu’il est possible de franchir les barrières culturelles par la volonté et le travail acharné.