À N’Djamena, la vie au ralenti sans eau courante : un quotidien bouleversé

Pénurie d’eau à N’Djamena : les habitants face à une crise persistante

Dans plusieurs quartiers de N’Djamena, les robinets publics se tarissent au grand désespoir des habitants, qui patientent jusque tard dans la nuit pour remplir quelques seaux d’eau.

Une réalité quotidienne éprouvante

À Moursal, dans le 6ᵉ arrondissement de la capitale tchadienne, la situation est devenue critique. Un simple robinet fixé sur un mur de briques dans une cour commune ne laisse échapper que quelques gouttes. Les habitants, leurs seaux alignés sous le mince filet, recueillent patiemment l’eau si précieuse. Cette scène, devenue tristement habituelle, reflète le quotidien de nombreuses familles de la région.

Témoignages de résilience

Denemadji Rufine, une résidente de Moursal, décrit la difficulté de cette épreuve. « Nous commençons la quête d’eau dès 5 heures du matin, mais souvent en vain. Ce n’est qu’à partir de 22 heures, parfois même après minuit, que le robinet délivre un peu d’eau. Nous nous contentons de remplir quelques seaux et espérons que cela suffira pour la journée suivante », explique-t-elle. Comme beaucoup d’autres, elle consacre ses nuits à transporter l’eau jusqu’à son foyer, bien que celle-ci soit souvent polluée par du sable ou de la terre.

Une crise sans explication

Depuis février 2026, divers arrondissements de N’Djamena subissent des coupures d’eau régulières. Malgré l’insistance des habitants, la Société Tchadienne des Eaux (STE) n’a fourni aucune explication claire sur ces pénuries persistantes. Dans le 7ᵉ arrondissement, Christelle témoigne de l’ampleur du problème. « Nous choisissons entre dormir et attendre l’eau. Cela fait des mois que cela dure, et pourtant les factures continuent d’arriver. Nous devons parcourir de longues distances pour puiser de l’eau dans les forages », déplore-t-elle, appelant les autorités à réagir.

Un impact considérable sur la vie quotidienne

La situation oblige les familles à réduire leur consommation. Les lessives sont reportées, la vaisselle se limite au strict nécessaire, et les bains sont rationnés. Avec les températures élevées, le risque de maladies hydriques augmente, surtout chez les enfants vulnérables. Christophe, un habitant de longue date, souligne une problématique plus large : « Cette pénurie n’est pas nouvelle, mais elle s’aggrave avec l’urbanisation rapide de N’Djamena, qui se développe sans que les infrastructures suivent. »

Un appel à une intervention urgente

Alors que les effets de la crise affectent des milliers de personnes, la nécessité d’une solution durable se fait de plus en plus pressante. Les habitants de N’Djamena espèrent que les autorités prendront rapidement des mesures pour remédier à une situation qui ne cesse de se détériorer.

La crise de l’eau à N’Djamena est un défi majeur qui persiste dans le silence de la nuit.