Abderaman Koulamallah propose un ministère pour renforcer la cohésion nationale.

Un appel à la création d’un ministère pour la cohésion nationale au Tchad

Le Sénat du Tchad a été le théâtre d’un plaidoyer ce lundi, avec le sénateur Abderaman Koulamallah prônant la création d’un ministère dédié à la cohésion nationale, suite à la suppression du portefeuille de la Réconciliation nationale.

Lors d’une séance d’interpellation du Premier ministre Allah Maye Halina axée sur le vivre-ensemble, Koulamallah a souligné l’importance de désigner une entité gouvernementale spécifique pour superviser la coordination des politiques de cohésion nationale. Selon lui, l’absence d’un tel ministère crée un « vide institutionnel » crucial dans la gestion des tensions communautaires.

Le sénateur a affirmé que la question de la cohésion nationale dépasse la simple gestion ponctuelle des crises. Elle nécessite, selon lui, une politique publique structurée, impliquant divers acteurs institutionnels et communautaires pour la prévention des conflits. Il a proposé des solutions allant de la création d’un ministère dédié, à la nomination d’un ministre délégué, ou au renforcement du rôle du ministère de l’Administration du territoire.

Abderaman Koulamallah a également mis en évidence les tensions intercommunautaires persistantes, notamment celles liées à l’accès à l’eau, aux ressources agricoles, et à la transhumance. Il a exprimé son désarroi en déclarant que « nous nous battons encore pour un puits à l’ère des nouvelles technologies ».

La question de la cohésion nationale revêt une importance particulière pour le sénateur, qui avait lui-même occupé le poste de ministre de la Réconciliation nationale durant la transition politique tchadienne. Ce portefeuille était chargé de faciliter le dialogue entre les différentes composantes de la société tchadienne.

L’intervention de Koulamallah relance ainsi le débat sur la meilleure structure institutionnelle pour aborder les défis liés à la diversité communautaire et aux tensions récurrentes dans le pays. Bien qu’il n’ait pas explicitement mentionné sa volonté de reprendre ce portefeuille, il a insisté sur la nécessité d’une vision politique durable pour renforcer l’unité nationale et prévenir les violences intercommunautaires.

Ce discours intervient à un moment délicat, juste avant un éventuel remaniement gouvernemental, suite à la récente démission du ministre de l’Enseignement supérieur, Tom Erdimi. Dans ce contexte, l’appel à une révision de l’architecture ministérielle pourrait trouver une résonance particulière auprès du gouvernement et de l’opinion publique.