Accident dans le 7ᵉ : une victime devient la cible d’intimidation
Accident à N’Djamena : tensions entre un conducteur de poids lourd et un propriétaire de V8
Le 24 janvier 2026, un accident de la route à N’Djamena dans le 7ᵉ arrondissement a entraîné une escalade de tensions entre deux conducteurs.
Un conflit a éclaté après qu’un conducteur de poids lourd a été percuté par une Toyota V8. Cet incident, survenu en milieu de matinée, a rapidement attiré une foule nombreuse, un phénomène devenu habituel dans la capitale tchadienne lors de tels événements. Les témoins ont rapidement fait remarquer que le propriétaire du V8 paraissait être sous l’influence de l’alcool. La foule, animée par des émotions diverses, a alors incité le chauffeur du camion à ne pas s’inquiéter, en le qualifiant de victime d’un « soûlard ».
Irrité par les remarques désobligeantes, le propriétaire du véhicule V8 a décidé d’interpeller le conducteur du poids lourd pour le conduire au commissariat du secteur. Sur place, il a tenté d’identifier ceux qui l’avaient traité de « soûlard », mais le chauffeur du camion a signalé qu’il ne pouvait pas reconnaître les personnes en raison du grand nombre de témoins présents.
Au cours de cet échange, la situation a pris une tournure inquiétante. Le propriétaire du V8 a fait monter le conducteur du camion dans son véhicule, dans lequel il aurait ouvert un grand sac d’argent. Il a menacé le chauffeur de lui faire des ennuis s’il ne lui demandait pas pardon. Ses propos ont sous-entendu qu’il jouissait d’une certaine impunité en raison de sa position sociale.
Malgré son statut de victime dans cet accident, le conducteur de poids lourd a, sous pression, fini par présenter des excuses avant de retrouver sa liberté. Cet enchaînement d’événements soulève des questions sur les pratiques en matière de justice et de violence au Tchad, ainsi que sur la gestion des accidents de la route dans une ville où la circulation est souvent chaotique.
Les réactions des passants et témoins après l’incident soulignent la méfiance croissante envers le système judiciaire local, qui est souvent perçu comme influencé par des connexions sociales. L’importance de cette affaire réside non seulement dans l’accident lui-même, mais aussi dans les implications sociales et juridiques qu’elle engendre. Des circonstances comme celles-ci poussent à réfléchir aux inégalités qui traversent la société tchadienne et aux défis que cela pose à l’autorité de l’État.