Afrique : des vagues de chaleur quasi permanentes prévues dès 2065, un défi climatique majeur
Des vagues de chaleur extrêmes attendues en Afrique d’ici 2065
À partir de 2065, de vastes régions du continent africain pourraient découvrir des vagues de chaleur durant 250 à 300 jours par an, selon un rapport publié dans la revue scientifique Communications Earth & Environment.
Aperçu des prédictions
Ce rapport, intitulé « Coupled climate–land-use interactions modulate projected heatwave intensification across Africa », a été élaboré par une équipe de chercheurs africains et occidentaux. Leur étude repose sur une analyse approfondie de dix modèles climatiques mondiaux ajustés aux caractéristiques climatiques de neuf régions africaines : Méditerranée, Afrique de l’Ouest, Afrique centrale, Sahara, Nord et Sud de l’Afrique de l’Est, Madagascar, Est et Ouest de l’Afrique australe. Les scientifiques ont modélisé la fréquence, la durée et l’intensité des vagues de chaleur, en étudiant les interactions entre température, vent, rayonnement et humidité.
En s’appuyant sur les liens entre réchauffement atmosphérique et modifications des surfaces terrestres, les auteurs ont utilisé des méthodes d’intelligence artificielle pour évaluer l’influence de divers facteurs comme la température, l’humidité, le vent et l’usage des terres sur les vagues de chaleur. Ils ont mis en évidence que la transformation rapide des sols, comme la déforestation, modifie l’humidité du sol et l’atmosphère, exacerbant ainsi les épisodes de chaleur extrême.
Contexte et dynamique d’évolution
Les prévisions se structuraient en deux temps : le milieu du 21e siècle (2025-2060) et sa fin (2065-2100), en comparaison avec une période historique (1979-2014). D’après les modèles, les vagues de chaleur, qui étaient autrefois des événements rares, deviendront régulières dans les neuf zones climatiques africaines. Durant la période 2065-2100, à l’exception de la Méditerranée et de Madagascar, ces vagues pourraient durer 250 à 300 jours par an, représentant une augmentation de 5 à 7 fois par rapport à l’époque historique. L’Ouest de l’Afrique australe pourrait subir une hausse de fréquence et de durée de plus de 12 fois.
Les conclusions soulignent que la montée en fréquence, durée et intensité des vagues de chaleur résulte non seulement des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais aussi des choix locaux d’utilisation des terres. Les forêts, qui agissent comme climatiseurs naturels en rafraîchissant l’air, permettent de maintenir la chaleur et l’humidité sous un seuil souvent mortel. Lorsque ces forêts sont remplacées par des zones agricoles, la dynamique climatique locale change : l’air se réchauffe davantage le jour et se refroidit moins la nuit, créant ainsi un environnement propice à la formation de vagues de chaleur prolongées et dangereuses.
Perspectives et recommandations
Pour atténuer ces effets, l’étude recommande deux mesures clés : réduire les émissions globales de gaz à effet de serre et protéger, voire restaurer, les forêts et la végétation naturelle. Ces actions pourraient modérer l’intensité et la durée des vagues de chaleur attendues sur le continent, limitant ainsi leurs conséquences socio-économiques.
Ces prévisions mettent en lumière les défis climatiques auxquels le continent africain devra faire face dans les décennies à venir, et soulignent l’urgence d’agir pour un développement durable et résilient aux changements climatiques.