Agriculture au Tchad : le ministre Ballah rassure les députés

Défis de l’agriculture tchadienne : le ministre Keda Ballah tente de rassurer les députés

Lors d’une séance plénière de l’Assemblée nationale tenue le 22 juin, présidée par le premier vice-président David Houdeingar, le ministre de la Production et de l’Industrialisation Agricole, Keda Ballah, a exposé des mesures destinées à répondre aux préoccupations des députés concernant la mécanisation, l’industrialisation agricole et les dispositions pour la campagne agricole 2026-2027.

Dans son intervention, Keda Ballah s’est référé au programme politique du président de la République, intégré au Plan national de développement « Tchad connexion 2030 », pour contextualiser ses réponses. Il a mis en avant les efforts déjà entrepris par le gouvernement entre 2010 et 2012, période durant laquelle 2 349 tracteurs et leurs accessoires ont été acquis. Ces équipements, confiés à l’ex-Programme national de sécurité alimentaire (PNSA), ont été utilisés pour subventionner le tarif de labour à 10 000 francs CFA par hectare.

L’impact de cette mécanisation a, selon le ministre, permis d’accroître les superficies cultivées : les céréales sont passées de 2 500 000 à 3 350 000 hectares, enregistrant une hausse de 33 %. De même, les surfaces en oléagineux ont connu une augmentation significative, passant de 645 350 à 1 120 000 hectares, avec une production en hausse de 50 %, atteignant 800 000 tonnes.

Abordant la question des semences, Keda Ballah a expliqué que les coopératives, les groupements et les opérateurs privés assurent la production et la commercialisation de semences améliorées sous la supervision de la Direction des semences, en respectant les réglementations en vigueur.

Le ministre a également évoqué le lancement de la campagne 2026-2027 à Moundou en avril dernier, projet ambitieux visant à renforcer l’encadrement technique. Les délégations provinciales ont pour mission de diffuser régulièrement les bulletins agro-météorologiques. Les prévisions climatiques indiquent des précipitations allant de normales à excédentaires dans l’extrême sud et la bande sahélo-saharienne, nécessitant une adaptation des cycles variétaux.

Le suivi annuel effectué par le ministère est assuré par une équipe de 224 enquêteurs et 58 contrôleurs départementaux, épaulés par une équipe centrale de supervision. L’objectif pour la campagne 2026-2027 est d’accroître la production de 10 % par rapport à l’an dernier, visant au moins 3 340 000 tonnes de céréales, avec des objectifs précis pour le millet, le sorgho, le maïs, le riz et autres cultures.

En matière de gestion des risques, le ministre a souligné l’importance du suivi des inondations, des sécheresses et des ravageurs par un groupe de travail pluridisciplinaire qui publie des bulletins décadaires. Les stocks d’engrais et de pesticides sont déjà disponibles, avec des mesures prévues en cas d’épuisement.

Pour conclure, Keda Ballah a insisté sur la nécessité de transformer les produits agricoles pour accroître la valeur ajoutée, améliorer les revenus des producteurs et renforcer la résilience du secteur. Ces initiatives visent à rassurer les députés quant à la volonté du gouvernement de relever les défis majeurs de l’agriculture au Tchad.