Ahmat Haroun Lary critique l’arrestation des ex-responsables de l’Action Sociale et ses implications pour la justice sociale au Tchad
Enquête demandée sur des accusations de détournement de vivres au Tchad
Ahmat Haroun Lary, président du GRACTCHAD, a récemment appelé à une enquête transparente et publique concernant des accusations de détournement de vivres destinés aux populations vulnérables.
Dans une déclaration faite devant la presse, Lary a mis en avant plusieurs points importants qui soulèvent des questions sur l’objectivité des accusations portées récemment. Selon lui, l’organisation qu’il représente a observé que les vivres étaient effectivement distribués sans aucun coût sur l’ensemble du territoire national. Cette distribution se fait sous la supervision des autorités locales, notamment des gouverneurs, préfets, maires ainsi que des chefs traditionnels et religieux. Lary a ainsi affirmé que la réalité sur le terrain contredisait les allégations de détournement.
Lary s’est également penché sur le profil d’Israël Kaoudé, directeur général de la Solidarité Nationale, qui est particulièrement apprécié par les populations précaires. Selon des témoignages, il est surnommé le « DG des pauvres » en raison de son engagement envers les plus démunis, ce qui soulève des doutes quant aux motivations derrière les accusations.
Il a ajouté qu’il est crucial de faire la lumière sur le nombre exact de tonnes de vivres qui ont été distribuées, la quantité qui aurait été détournée, ainsi que l’identité des personnes impliquées. Lary a insisté sur le droit du peuple tchadien à connaître la vérité et à obtenir justice, tout en dénonçant des accusations qu’il qualifie de sans fondement.
Vers un contexte plus large
En parallèle, Ahmat Haroun Lary a exprimé son scepticisme quant aux raisons qui auraient conduit à l’arrestation de Fatimé Boukar Kosseï, ancienne ministre. Cette arrestation a été justifiée par des allégations selon lesquelles elle aurait attribué des marchés à des entreprises fictives. Lary a mis en avant plusieurs éléments qui remettent en question la validité de cette accusation :
- Il a souligné que la majorité des ministres en fonction possèdent des entreprises à travers lesquelles ils pourraient également obtenir des marchés.
- Selon lui, la Constitution actuelle serait "verrouillée", permettant ainsi au Président de devenir entrepreneur à part entière, ce qui rendrait douteux l’argument utilisé contre Kosseï.
- Enfin, il a suggéré que l’emprisonnement de l’ancienne ministre pourrait être lié à des intérêts personnels, notamment sa proximité avec un certain Idriss.
Cette situation met en lumière des enjeux systémiques au sein de l’appareil gouvernemental tchadien. Lary a insisté sur l’importance de garder intacte la crédibilité des institutions tout en préservant l’image de ceux qui ont œuvré de manière honnête pour aider les populations les plus vulnérables.
Répercussions et réactions
L’appel d’Ahmat Haroun Lary pour une enquête fait écho à des préoccupations plus larges concernant la gestion des ressources publiques au Tchad. Les tensions autour de la distribution des aides et des accusations de détournement touchent au cœur des problématiques de gouvernance dans le pays. Déjà, ces allégations ont suscité des réactions mitigées parmi les différents acteurs politiques et sociaux, qui observent de près comment le gouvernement gère ses affaires en période de crise.
En tant qu’organisme chargé de défendre les droits des populations vulnérables, le GRACTCHAD et son président prennent une position centrale dans cette affaire, appelant à la transparence et à la responsabilité des autorités. Ce développement pourrait également avoir un impact sur la confiance que les Tchadiens placent dans leurs institutions, particulièrement dans un contexte où des voix s’élèvent régulièrement contre la corruption et le manque de contrôle dans la gestion de l’aide humanitaire.
Les accusations de détournement de vivres ne sont pas un phénomène nouveau, mais elles révèlent des dynamiques complexes qui méritent d’être examinées de manière rigoureuse. Ces événements rappellent également l’importance d’un suivi indépendant et d’une communication claire en matière de distribution d’aide humanitaire, surtout dans un pays où les ressources sont rares et où le besoin d’assistance est pressant.
Ainsi, alors que les appels à l’enquête continuent de croître, la situation au Tchad semble demeurer tendue, avec un besoin urgent de clarification et de justice pour tous les acteurs impliqués.