Ali Kolotou sous pression avec l’affaire Takilal

Le cas Takilal met Ali Kolotou sous pression à N’Djamena

La diffusion récente de la vidéo du député Takilal Ndolassem continue de secouer les cercles du pouvoir au Tchad. Dans cette vidéo, le parlementaire s’adresse au président de transition Mahamat Idriss Deby Itno avec un ton jugé peu conventionnel par de nombreux membres de la majorité présidentielle.

Takilal Ndolassem, connu pour ses interventions médiatiques incisives, a cette fois-ci franchi une ligne rouge selon un haut responsable du régime. Celui-ci a exprimé son inquiétude face à l’absence de réaction officielle, estimant que cette situation pourrait envoyer un message erroné. « Le chef de l’État n’est ni son ami ni son compagnon de beuverie. On ne peut pas laisser passer cela sans rappel à l’ordre », a-t-il déclaré.

Cependant, la cible des critiques n’est pas uniquement le député. De nombreuses voix au sein de la majorité s’interrogent sur l’attitude du président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi. Malgré sa réactivité habituelle sur des sujets délicats, comme son soutien au retrait du Tchad de la Cour pénale internationale (CPI) en plein congé parlementaire, son silence face aux propos de Takilal est remarqué.

Le silence persistant du président de l’Assemblée soulève des questions. Une explication avancée est que Kolotou ne voit pas de base légale pour rappeler à l’ordre un député pour des commentaires faits en dehors de l’hémicycle. Une autre hypothèse est que Takilal, maintenant une figure emblématique, est devenu trop influent politiquement pour être réprimandé.

Cette situation crée des tensions même au sein du Mouvement patriotique du salut (MPS), où certains craignent que ce silence ne devienne un précédent, encourageant d’autres élus à ignorer les voies institutionnelles pour s’adresser directement au président sur les réseaux sociaux.

Le débat autour de cette affaire témoigne de la complexité de la scène politique tchadienne actuelle. Tandis que les discussions se poursuivent, le besoin d’une clarification institutionnelle croissante se fait ressentir pour éviter que de tels incidents ne mettent en péril la cohésion au sein de la majorité.