Bagasola : un atelier clé pour lutter contre les violences de genre et renforcer les compétences locales.
Lutte contre les Violences Basées sur le Genre au Tchad : Oxfam et l’APLFT Mobilisent les Acteurs Locaux
Le Tchad, en proie à une vague persistante de violences basées sur le genre (VBG), a vu récemment un rassemblement d’acteurs communautaires et institutionnels autour d’un atelier de sensibilisation organisé par Oxfam en partenariat avec l’Association pour la Promotion des Libertés Fondamentales au Tchad (APLFT).
Cet événement, qui s’est tenu à Bagasola, a pour objectif de renforcer la protection et la dignité des femmes et des filles dans les provinces du Lac et du Barh El-Ghazal, notamment dans un contexte marqué par des conflits et des déplacements de population. Financé par Affaires mondiales Canada (AMC) à hauteur de 2,4 millions de dollars canadiens, le projet s’étendra de février 2025 à janvier 2027 et vise à centrer la réponse et l’atténuation des violences sexuelles et sexistes.
L’atelier a été ouvert par le sous-préfet de Bagasola, M. Ali Abdramane Mbodou, qui a souligné l’importance de transcender les pratiques culturelles néfastes souvent justifiées par la tradition. « Ces pratiques n’ont plus leur place dans notre société moderne », a-t-il déclaré, appelant à une transformation des mentalités.
Durant deux jours, les participants, incluant des représentants locaux, des leaders communautaires, des jeunes et des femmes, ont pu se familiariser avec les enjeux liés aux VBG. M. Franklin Mbaïssissem Beindé, chef du projet AMC à Oxfam, a dirigé des sessions sur les causes et conséquences des VBG, ainsi que sur les mécanismes de prise en charge des victimes.
À l’issue de l’atelier, plusieurs recommandations ont été formulées par les participants. Parmi celles-ci, la nécessité de poursuivre les efforts de sensibilisation à tous les niveaux—départemental, régional et national—pour éradiquer les comportements préjudiciables. En outre, les participants ont exprimé le besoin de promouvoir une justice équitable pour les survivantes de VBG, ainsi que de renforcer la coordination entre les acteurs humanitaires et les instances locales pour assurer une réponse rapide et efficace.
Ces recommandations témoignent d’un engagement collectif pour améliorer la situation des femmes et des filles au Tchad, dans un environnement souvent marqué par des conflits armés et des déplacements forcés. La réalisation de cet atelier s’inscrit dans une dynamique plus large de lutte contre la violence et de protection des droits humains, essentiel pour établir un socle de sécurité et d’équité dans ces régions vulnérables.
En conclusion, l’atelier de Bagasola représente une avancée significative dans la mobilization des communautés tchadiennes contre les violences sexistes, visant à construire un avenir plus inclusif pour les générations futures.