Batha : médiation pour apaiser les conflits anciens à Wadi-Rimé
Les Autorités de Wadi-Rimé Poursuivent la Médiation pour Résoudre les Conflits Anciens
Dans la province du Batha, située au cœur du Tchad, le département de Wadi-Rimé est actuellement le théâtre d’une initiative ambitieuse de médiation. L’effort fait suite à une série de tensions communautaires non résolues, certaines datant de plus de vingt ans. Les autorités provinciales s’efforcent de régler ces conflits persistants à travers un processus de dialogue et de collaboration directe sur le terrain.
Depuis deux semaines, le général de division Ahmat Goukouni Mourali, délégué général du gouvernement auprès de la province du Batha, réside dans la région, équipé du soutien crucial du directeur général adjoint de la Gendarmerie nationale, le général Abdelhamid Haroun Abdoulaye. Ils sont accompagnés de divers responsables des forces de défense et de sécurité ainsi que d’autorités administratives locales. L’objectif de cette mission est d’établir une paix durable, prévenant ainsi de nouvelles flambées de violence.
Les efforts se concentrent sur les localités de Al-Masyoune, Am-Zafaye, Al-Ikhebich, Chawir, et Galamat. Dans ces villages, les représentants communautaires s’unissent sous l’ombre des arbres pour discuter, échanger des préoccupations et présenter leurs revendications. Les discussions sont menées en présence de chefs traditionnels, de responsables religieux et des autorités locales, militaires, et judiciaires. L’approche privilégie l’écoute et le dialogue pour éviter la confrontation directe.
Les conflits impliqués ne sont pas nouveaux : ils ont pour beaucoup été abordés par des accords de paix ou des procès-verbaux antérieurs. Malheureusement, le non-respect de certains engagements passés a favorisé des retours sporadiques de tensions. Pour pallier ce problème, une commission mixte de médiation a été établie. Composée de personnalités neutres et de représentants des forces de défense et de sécurité, cette commission a pour mandat de faciliter la résolution des différends.
Les membres de la commission ne se sont pas limités aux discussions, ils ont également effectué des visites sur le terrain. En utilisant des dispositifs GPS, ils ont entrepris des opérations de délimitation pour clarifier les frontières entre les chefferies traditionnelles. À Am-Zafaye, un quartier général a été installé, servant de point central pour recevoir les différentes communautés.
Des avancées notables ont été enregistrées dans la résolution de différends, comme ceux opposant des clans des villages d’Al-Masyoune et d’Abou-Achour au sein de la communauté Walad-Rachid, ou encore celui entre les communautés Walad-Rachid et Khouzam. Certaines réclamations ont trouvé une issue amiable, grâce à l’intervention des chefs de canton.
Pour les habitants des zones concernées, cette initiative représente une lueur d’espoir. Elle symbolise la possibilité de tourner la page sur des années de tensions qui ont lourdement empoisonné leur quotidien. Pour assurer le succès de cette entreprise, le délégué général a insisté auprès des chefs traditionnels sur l’importance de promouvoir la compréhension et de réagir promptement en cas de différends émergents.
Les chefs traditionnels sont appelés à jouer un rôle proactif dans la sensibilisation de leurs communautés, encourageant la prévention des conflits et le respect des autorités étatiques. Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de favoriser la médiation en tant qu’outil principal de résolution des crises communautaires. Pour Wadi-Rimé, l’ambition est de transformer les engagements pris autour de la table en une paix concrète et durable sur le terrain.