Bénin : le gouvernement lance le Pacte de Parakou pour lutter contre

Bénin : face à la mendicité des enfants, le gouvernement appelle au « Pacte de Parakou »

Le 13 octobre 2026, à Parakou, le gouvernement béninois a lancé un appel à l’action collective pour lutter contre la mendicité infantile, un phénomène de plus en plus préoccupant. Réunissant des ministres, des leaders religieux, des autorités traditionnelles et des acteurs de la protection sociale, cette rencontre a marqué le début d’une initiative commune visant à endiguer la mendicité des enfants, particulièrement dans les départements du nord du pays.

Le Ministère de la Famille et de l’Action Sociale (MFAS), en collaboration avec le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique (MISP) et le Ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale (MDGL), a orchestré cette rencontre pour réfléchir à des solutions et actions concrètes. Nadège Ahoga, Directrice générale des Affaires sociales, a exposé les causes profondes de la mendicité infantile, qui sont souvent liées à des facteurs socio-économiques, socioculturels et religieux. Elle a souligné que des centaines d’enfants, en âge d’être scolarisés, se retrouvent dans la rue, exposés à des risques multiples qui compromettent leurs droits fondamentaux.

Les retours des leaders religieux présents lors de cette rencontre ont été unanimes : la mendicité des enfants représente une atteinte à leur dignité et doit être combattue. Plusieurs imams et chefs traditionnels ont dénoncé les comportements de certains maîtres coraniques qui, au lieu de protéger et d’éduquer, poussent les enfants à mendier. En effet, ces leaders ont rappelé que l’islam interdit la mendicité, appelant à une mobilisation collective pour mettre fin à cette pratique.

Le préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Assouma Naro, a affirmé la nécessité d’une « tolérance zéro » à l’égard de la mendicité des enfants, insistant sur la répression des actes de traite d’enfants. Il a exhorté les membres de la communauté à dénoncer les comportements nuisibles, tout en affirmant son engagement à ne pas couvrir ceux qui se rendent complices de ce phénomène.

Dans le même élan, le ministre de l’Intérieur, Djibril Mama Cissé, a relayé cette position, plaidant pour un changement de ton dans la lutte. Après des années de sensibilisation, il a appelé à des mesures plus fermes, précisant que chaque enfant dans la rue représente un échec collectif et que l’exploitation économique des mineurs ne saurait être tolérée. Ce dernier a également évoqué l’idée d’un « Pacte de Parakou », qui regrouperait les autorités religieuses et traditionnelles autour d’un engagement fort contre la mendicité infantile.

Le ministre de la Décentralisation, Janvier Yahouédéou, a salué l’initiative du MFAS tout en rappelant que la responsabilité de la protection des enfants incombe également aux communes. Il a proposé une évaluation dans six mois afin de mesurer les progrès réalisés dans la lutte contre ce fléau.

Véronique Tognifodé, ministre de la Famille et de l’Action sociale, a rappelé les efforts du gouvernement en faveur de la protection et de l’éducation des enfants. Selon des chiffres présentés, 4 453 enfants en situation de rue ou de mendicité ont été recensés entre janvier 2019 et juin 2026 dans les départements du Borgou, de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga. Face à cette situation alarmante, elle a réaffirmé la nécessité d’une tolérance zéro envers toutes les pratiques qui exposent les enfants à la mendicité et à l’exploitation.

Le gouvernement béninois se fixe désormais l’objectif de transformer cette mobilisation en actions concrètes pour assurer le bien-être des enfants. Le « Pacte de Parakou » représente une opportunité d’action collective et durable qui pourrait générer des changements significatifs sur le terrain. Les efforts conjugués des autorités, des leaders religieux et de la communauté pourraient marquer le début d’un nouveau chapitre dans la lutte contre la mendicité des enfants au Bénin.