Boko Haram enlève un médecin au Tchad, 500 millions de rançon exigés, tensions croissantes dans la région
Des ressortissants tchadiens enlevés par Boko Haram, dont un chirurgien pédiatrique
Le groupe terroriste Boko Haram a récemment enlevé plusieurs citoyens tchadiens, parmi lesquels se trouve le Dr Lamsikreo Tisembé, chirurgien pédiatrique de renom.
L’enlèvement a été largement documenté et diffusé sur les réseaux sociaux via plusieurs vidéos. Dans l’une de ces séquences troublantes, le Dr Tisembé apparaît forcé de lancer un appel désespéré à certaines personnalités influentes du Tchad, notamment le Président de la République et le Premier ministre. Les ravisseurs ont exigé une rançon considérable de 500 millions de francs CFA, menaçant d’exécuter le médecin en cas de refus de paiement. Autour de lui, cinq autres personnes sont également retenues captives, tandis qu’une sixième victime a été exécutée.
Les images qui circulent montrent six membres de Boko Haram armés et un septième en train de filmer la scène, illustrant la brutalité de cet acte. Cet enlèvement particulièrement violent intervient dans un climat d’insécurité exacerbé, alors que le président Mahamat Idriss Déby Itno effectue une visite officielle au Nigeria. Ce déplacement de haut niveau a pour objectif d’aborder, entre autres, les mesures visant à neutraliser les menaces transfrontalières et à renforcer la sécurité régionale.
Jusqu’à présent, les autorités tchadiennes n’ont pas produit de réaction officielle concernant cet incident, et l’incertitude continue de planer sur le sort des otages. Cependant, cette situation rappelle de manière poignante la persistance de la menace que représente Boko Haram dans la région, malgré les efforts militaires déployés pour contenir le groupe. L’armée tchadienne a déjà subi de lourdes pertes en octobre 2024, lorsque Boko Haram a attaqué une de ses bases, causant la mort d’une quarantaine de soldats.
En réaction à cette attaque, l’opération Haskanite a été mise en œuvre, réussissant à neutraliser près de 300 terroristes et infligeant de lourdes pertes au groupe. Le Président Déby Itno s’est rendu personnellement dans la province du Lac pour superviser la mise en œuvre de cette riposte militaire. Cette opération fait écho à celle menée en 2020 (« Colère de Bohoma ») par l’ancien président Idriss Déby Itno, qui avait également infligé un coup dur à Boko Haram.
Cet enlèvement souligne la résilience de Boko Haram malgré ses multiples revers et montre la nécessité d’une collaboration plus étroite entre les pays de la région pour lutter efficacement contre cette menace persistante.