Cameroun : AgriConnect, la révolution agricole du FIDA

Cameroun : lancement du Pacte AgriConnect pour une transformation de l’agriculture

Le Fonds international de développement agricole (FIDA) a récemment annoncé le lancement du Pacte national AgriConnect, en collaboration avec le gouvernement camerounais et la Banque mondiale. Ce programme ambitieux, doté d’un budget de 1,87 milliard de dollars, vise à transformer le secteur agropastoral et agroalimentaire du Cameroun d’ici 2030.

L’initiative AgriConnect s’inscrit dans une démarche stratégique visant à renforcer la sécurité alimentaire et à générer des opportunités d’emploi, notamment pour les jeunes et les femmes. Le Pacte repose sur trois axes principaux : le renforcement des bases du secteur agroalimentaire, l’accélération des réformes politiques et réglementaires, et l’amélioration de l’accès au financement pour les producteurs et les entreprises.

Huit chaînes de valeur ont été identifiées comme prioritaires pour cette transformation : le riz, le maïs, le manioc, le palmier à huile, le cacao, le soja, l’élevage laitier et l’aquaculture. Ces filières seront au cœur des actions à mettre en œuvre pour dynamiser l’agriculture camerounaise.

Eric Rwabidadi, le directeur pays du FIDA, a exprimé la fierté de l’organisation de participer à cette initiative. Il a affirmé que le FIDA s’engage pleinement aux côtés du gouvernement camerounais et des autres partenaires pour valoriser l’expérience et les investissements en faveur de cette vision commune. Dans son discours, il a souligné l’importance de soutenir l’entrepreneuriat agropastoral des jeunes, d’encourager des chaînes de valeurs inclusives, de faciliter l’accès au financement rural, et de renforcer la résilience face aux changements climatiques.

Le Pacte AgriConnect a été élaboré en collaboration avec diverses parties prenantes, y compris le secteur privé, afin d’accélérer la réalisation des priorités nationales en matière de développement agricole. Il s’appuie sur plusieurs stratégies existantes telles que la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) et le Plan national d’investissement agricole (PNIA), qui visent à moderniser le secteur rural.

Avec environ 17 % du produit intérieur brut (PIB) et près de 42 % des emplois, le secteur agroalimentaire représente une composante essentielle de l’économie camerounaise. Cependant, son développement est freiné par des contraintes d’accès aux intrants de qualité, aux technologies modernes, à des marchés compétitifs et à du financement adéquat. Actuellement, les importations alimentaires représentent environ 3,5 % du PIB du pays, témoignant de l’urgence de favoriser une production locale plus robuste.

À l’horizon 2030, le Pacte fixe des objectifs chiffrés ambitieux. Il vise à porter la production de maïs à 6 millions de tonnes, celle d’huile de palme à 800 000 tonnes, à atteindre un taux d’autosuffisance en riz de 55 %, et à couvrir 60 % de la demande nationale en lait. En parallèle, il aspire à augmenter la production halieutique à 450 530 tonnes et à réduire de 28 % la facture des importations alimentaires, qui devrait passer d’environ 1,6 milliard à 1,15 milliard de dollars.

Pour atteindre ces objectifs, 24 interventions sont prévues, englobant divers domaines tels que la mécanisation, l’irrigation, la transformation agroalimentaire, les infrastructures rurales, et l’amélioration de la chaîne du froid. Le financement nécessaire pour ces projets sur la période 2026-2030 est estimé à environ 1,87 milliard de dollars.

Le FIDA s’appuiera sur son expérience avérée avec les petits exploitants et sur plusieurs projets en cours, notamment dans les domaines du riz et de l’élevage, ainsi que dans l’écoentrepreneuriat et la résilience climatique des exploitations agricoles. Ces efforts visent à bâtir une agriculture durable et compétitive pour le Cameroun, contribuant au développement socio-économique du pays.