Cameroun : le Barreau interpelle le CNC après un commentaire de Vision 4 sur Me Zeifman

Le Barreau du Cameroun sollicite l’intervention du CNC après des propos contestés sur Vision 4

Le Barreau du Cameroun a récemment adressé une plainte officielle au Conseil National de la Communication (CNC), dénonçant des propos jugés offensants diffusés lors du journal télévisé de la chaîne Vision 4, les 2 et 3 juin 2026. Ces propos ciblaient Maître Félicité Esther Zeifman, avocate représentant la famille du journaliste défunt Martinez Zogo.

Dans une lettre datée du 16 juin 2026, le Conseil de l’Ordre des avocats a exprimé sa profonde préoccupation concernant une séquence vidéo qui a circulé largement sur les réseaux sociaux. Cette séquence comportait, selon eux, des attaques d’une « rare agressivité verbale et psychologique » envers l’avocate. Le Barreau a notamment critiqué l’usage de termes qu’il juge dégradants et la diffusion d’images visant à ridiculiser Maître Zeifman et à porter atteinte à sa dignité professionnelle.

Le Barreau a également réfuté certaines accusations relayées par Vision 4, telles que la prétendue suspension de l’avocate par le Barreau de Paris pour des raisons éthiques, ainsi qu’une supposée radiation à vie au Cameroun. Ces affirmations, selon l’Ordre, sont diffamatoires et portent gravement atteinte à l’image et à l’honorabilité de l’avocate concernée.

Le Conseil de l’Ordre a souligné le rôle crucial des avocats en tant qu’auxiliaires de justice, rappelant que les attaques publiques dirigées contre eux nuisent non seulement aux personnes visées, mais ébranlent aussi la confiance du public dans le système judiciaire et l’exécution des droits de la défense.

En dépit du fait que la liberté de communication audiovisuelle soit un pilier fondamental de la démocratie, le Barreau a réaffirmé que cette liberté doit s’exercer dans le cadre des lois, de l’éthique journalistique et du respect de la dignité humaine. Le CNC, selon le Barreau, a le pouvoir de superviser le respect des règles d’éthique et de déontologie par les médias et de pénaliser toute infraction constatée.

À cet effet, le Barreau a demandé au CNC d’ouvrir une enquête pour faire la lumière sur les circonstances exactes de cette diffusion, de vérifier la conformité des propos avec les lois applicables, et le cas échéant, de prendre des mesures disciplinaires. Le Barreau a également insisté sur la nécessité de rappeler aux médias l’importance de respecter la dignité des personnes tout en exerçant leur liberté d’expression.

En conclusion, le Barreau du Cameroun se dit prêt à fournir toute information complémentaire qui pourrait être nécessaire à l’évaluation de cette affaire, soulignant sa confiance dans l’attention que portera le CNC à cette plainte.