CEMAC : Exportations en hausse début 2026, d’après la BEAC
CEMAC : Amélioration de la compétitivité-prix des exportations au premier trimestre 2026, selon la BEAC
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a vu sa compétitivité-prix renforcée au premier trimestre 2026. Cette évolution positive a été détaillée dans un rapport publié par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).
Une dépréciation favorable du taux de change
Selon le rapport, le taux de change effectif réel (TCER) global de la CEMAC s’est déprécié de 1,1% pendant cette période. Cette évolution succède à une dépréciation de 1,2% enregistrée au quatrième trimestre de 2025. La dépréciation du TCER est un indicateur d’une meilleure compétitivité des produits de la région sur la scène internationale.
Performance des exportations hors pétrole et gaz
Le rapport souligne que les produits hors secteur pétrolier ont particulièrement bénéficié de cette amélioration. Les prix relatifs des exportations ont diminué de 2,1% par rapport au trimestre précédent, qui avait déjà enregistré une baisse de 1,9%. Cette tendance s’explique par deux principaux facteurs : une baisse de 1,3% du taux de change effectif nominal et une inflation plus modérée dans les pays CEMAC comparée à celle de leurs partenaires commerciaux majeurs.
La dépréciation du franc CFA, lié à l’euro, face au dollar, au yuan chinois et à la livre sterling, a également contribué à cette dynamique. L’inflation en CEMAC est demeurée faible, ne variant que de +0,2% sur le trimestre.
Contributions aux améliorations compétitives
Dans le détail, les exportations ont contribué à hauteur de 0,6 point à l’amélioration de la compétitivité-prix, contre 0,5 point pour les importations. Les secteurs régionaux tels que l’agro-industrie, le bois et le manganèse ont vu leurs produits devenir plus attractifs sur le marché international.
Importations et volatilité des marchés
Malgré une amélioration générale, le coût relatif des importations est resté négatif à -0,7%, après une baisse de -1,0% à la fin de 2025. Cette situation reste néanmoins favorable pour l’économie de la région, même s’il est noté que la hausse des cours du pétrole a légèrement augmenté le coût des importations.
Perspectives et recommandations
La BEAC précise que certains pays, comme le Gabon, le Cameroun, la République centrafricaine et la Guinée-Équatoriale, ont particulièrement bénéficié de cette dynamique. En revanche, le Congo et le Tchad montrent des résultats plus nuancés.
Pour le second trimestre de 2026, la BEAC maintient une approche prudente face aux défis potentiels. Les fluctuations des cours pétroliers et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient pourraient influencer l’inflation importée, réduisant ainsi le différentiel de prix avantageux observé jusqu’ici.
Face à ces évolutions, la BEAC encourage les gouvernements et opérateurs économiques des six pays membres de la CEMAC à tirer parti de cette fenêtre d’opportunité. L’institution financière conseille une diversification et un renforcement des exportations non pétrolières à haute valeur ajoutée pour maintenir et développer cet élan de compétitivité.