Centrafrique : l’aide humanitaire menacée par la baisse des soutiens internationaux

La République centrafricaine face à un avenir incertain en raison de la réduction de l’aide internationale

La République centrafricaine (RCA) progresse vers une stabilité sécuritaire accrue, mais des coupes importantes dans l’aide internationale pourraient compromettre les efforts humanitaires dans le pays, a alerté vendredi une responsable de l’ONU à New York.

Depuis 2013, la RCA est marquée par une série de conflits récurrents initiés par la prise de pouvoir des rebelles de la Séléka, en majorité musulmans. Cette situation a engendré la création du mouvement anti-Balaka, principalement chrétien. La Mission des Nations unies en République centrafricaine (MINUSCA) continue d’appuyer les efforts pour la paix dans la région.

Dans ce pays de près de six millions d’habitants, 2,3 millions nécessitent une aide humanitaire. Les organisations sur le terrain s’efforcent de venir en aide à environ 1,3 million d’entre eux. Environ 20 % de la population est déplacée à l’intérieur des frontières nationales.

L’agriculture demeure possible lorsque la paix le permet, grâce à un projet soutenu par l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Par ailleurs, l’ONG médicale internationale ALIMA opère des cliniques mobiles bihebdomadaires grâce à des financements de l’ONU, offrant des soins à près de 70 personnes par session.

Malgré sa situation fragile, la RCA fait preuve de solidarité en accueillant des réfugiés tchadiens et 36 000 personnes supplémentaires venant du Soudan en guerre. Les autorités locales leur ont accordé des terres pour s’établir.

Cependant, les ONG internationales ont dû fermer 20 % de leurs bureaux, soit 120 sur 634, affectant leur capacité à intervenir sur tout le territoire. L’UNFPA, agence des Nations unies pour la santé sexuelle et reproductive, a noté une baisse des signalements de violences basées sur le genre, non parce que ces violences ont cessé, mais en raison de la diminution de la présence humanitaire.

Edem Wosornu, Directrice de la Division de la réponse aux crises de l’OCHA, a averti que les avancées obtenues pourraient rapidement s’évaporer sans une attention continue et des financements stables.

Alors que la République centrafricaine continue de se relever lentement, l’incertitude plane quant à la durabilité de ses progrès face aux défis financiers actuels.