Chaleur et délestages : pénurie de yaourts à N’Djamena

À N’Djamena, les délestages électriques aggravent la conservation des produits frais sous une chaleur intense

À N’Djamena, la capitale tchadienne, la combinaison délétère entre les chaleurs accablantes et les coupures d’électricité répétées compromet sérieusement la conservation des produits frais. Ce phénomène déstabilise notamment les marchands locaux, confrontés à une rareté croissante des yaourts dans les boutiques de proximité.

Dans le quartier Habbena, Ismaël, un boutiquier du 7ᵉ arrondissement, ne cache plus son désarroi face aux conséquences des coupures de courant. Derrière son comptoir, des pots de yaourt détériorés s’empilent tristement. Ismaël souligne, résigné, qu’il est désormais contraint de jeter ces denrées périssables. La chaleur extrême, exacerbée par l’absence prolongée de réfrigération, rend impossible la conservation adéquate de ces produits laitiers, soulignant la vulnérabilité du commerce local.

Face à cette situation, certains commerçants comme Brahim ont pris la décision radicale de cesser temporairement la vente de yaourts. Il explique que la détérioration rapide de ces produits, sous l’effet combiné de la chaleur et des délestages, peut entraîner des pertes inutiles et considère cette décision comme une mesure de précaution nécessaire.

Cette problématique affecte également les consommateurs. Dans plusieurs quartiers, trouver des yaourts relève de l’exercice de patience. « Nous devons désormais nous rendre aux grands axes et aux grandes surfaces pour espérer en acheter », témoigne Exaucé, habitant de la capitale. Toutefois, même dans ces grandes enseignes, l’offre est limitée et la qualité des produits souvent insatisfaisante, ajoute Armel, un autre résident.

Dans ce climat de préoccupation croissante, commerçants et consommateurs espèrent un retour rapide à une situation où l’électricité serait fournie de manière constante, permettant la reprise normale de l’approvisionnement en produits frais. Cette crise met en lumière la fragilité des infrastructures et leurs répercussions directes sur la vie quotidienne des habitants de N’Djamena.