Changer nos habitudes pourrait éviter 40 % des cancers, révèle une étude
Des millions de cas de cancer prévisibles liés à des facteurs modifiables
Chaque année, le monde est confronté à l’apparition de près de 20 millions de nouveaux cas de cancer, une maladie aux multiples visages dont les causes sont parfois évitables. Une étude récente, publiée le 3 février par l’Agence internationale de recherche sur le cancer, affiliée à l’OMS, révèle qu’en 2022, 37,8 % des cas de cancer auraient pu être évités. Soit environ 7,1 millions des 18,7 millions de cas recensés, lorsque l’on exclut les cancers de la peau non mélanomes. Ces chiffres alarmants soulignent le rôle de 30 facteurs de risque modifiables.
Parmi ces risques, le tabagisme est le principal coupable, lié à 15,1 % des cas. Suivent de près les infections, responsables de 10,2 %, et la consommation d’alcool qui représente 3,2 %. Les cancers les plus associés à ces comportements incluent le cancer du poumon, souvent causé par le tabac et la pollution atmosphérique, le cancer de l’estomac, fréquemment dû à l’infection par Helicobacter pylori, et le cancer du col de l’utérus, majoritairement provoqué par le papillomavirus humain (HPV).
Les statistiques varient selon le sexe et la région géographique. Chez les hommes, 45,4 % des cas pourraient être évités, comparativement à 29,7 % chez les femmes. En Asie de l’Est, cette proportion dépasse même les 57 % pour les hommes. Ces données, divulguées à la veille de la Journée mondiale contre le cancer, soulignent l’énorme potentiel de la prévention. Les stratégies incluent la vaccination contre le HPV, le dépistage et le traitement précoces des infections, ainsi que des politiques rigoureuses de lutte contre le tabagisme.
L’importance de cette étude réside dans sa capacité à éclairer les zones d’intervention prioritaire pour les autorités sanitaires et gouvernementales. Elle appelle à une prise de conscience collective sur la nécessité d’adopter des comportements plus sains pour réduire le fardeau mondial du cancer. Chaque action visant à diminuer l’exposition à ces facteurs de risque pourrait, au fil des années, convertir ces statistiques effrayantes en améliorations concrètes de la santé publique mondiale.
Cette avancée scientifique ouvre la porte à une multitude de débats et actions pour que ce potentiel de prévention ne reste pas lettre morte. La compréhension et la reconnaissance des risques évitables constituent des étapes cruciales vers un monde où le cancer a moins de prise sur nos vies.