Chaos logistique : 2 300 conteneurs tchadiens bloqués au Cameroun, l’économie menacée
Blocage critique dans les ports camerounais : des milliers de conteneurs à l’arrêt
Des milliers de conteneurs sont actuellement immobilisés dans les ports camerounais, une situation qui perturbe gravement le corridor logistique vers le Tchad.
Le Conseil des Chargeurs du Tchad (COC) a exposé, lors d’un point de presse tenu vendredi 3 avril à N’Djamena, une situation préoccupante affectant le commerce régional. Hamid Djoumino, directeur général du COC, a révélé que 2 327 conteneurs demeurent bloqués dans les infrastructures portuaires du Cameroun. Parmi ces conteneurs, 1 569 sont au Port autonome de Douala et 758 au Port autonome de Kribi. Certains stagnent depuis plus de onze ans.
Cette situation inédite survient alors que ces marchandises, destinées au Tchad sous le régime du transit douanier international, ne devraient pas rester bloquées dans les ports de transit. Selon le COC, cet encombrement reflète des défaillances dans le processus de prise en charge des conteneurs, parfois dues à l’abandon par les chargeurs, découragés par l’escalade des coûts.
Les charges accumulées, incluant les frais de stockage, de stationnement, de surestaries et les pénalités contractuelles, augmentent considérablement. Ce poids financier freine les opérateurs, les dissuadant de récupérer leurs marchandises.
Toutefois, Hamid Djoumino a souligné que l’abandon de ces conteneurs ne saurait être une solution. En persistant, cette immobilisation pourrait conduire à des ventes aux enchères forcées des marchandises, entraînant d’importantes pertes économiques tant pour les opérateurs que pour l’économie tchadienne.
Pour faire face à cette crise, le COC exhorte les intervenants de la chaîne logistique à se rapprocher de ses services. Un plan d’assistance a été lancé en collaboration avec les administrations douanières et portuaires afin de répertorier les conteneurs en souffrance, d’examiner les blocages et de formuler des solutions appropriées.
Cependant, pour que cette initiative réussisse, il est essentiel que les opérateurs concernés adoptent une démarche proactive, comme l’a précisé le directeur général. Chaque conteneur restant à quai représente non seulement une interruption de la chaîne logistique, mais également une diminution de la valeur économique pour le Tchad. Le COC reste fermement engagé à fluidifier les opérations logistiques et à réduire les frais portuaires, insistant sur la nécessité d’une action rapide et concertée de la part des acteurs économiques.
Dans un environnement économique déjà tendu, cette situation appelle à une vigilance accrue et à une gestion efficace pour éviter de nouvelles perturbations dans le commerce régional.