Cherté de vie au Tchad : Remadji Ngaba prône un suivi des prix
Cherté de vie au Tchad : Remadji Ngaba appelle à un suivi régulier des prix
La flambée des prix des produits de première nécessité au Tchad pose un défi quotidien aux ménages, rendant la vie chère pour beaucoup. Maïs, huile, viande ; autant de denrées qui deviennent inaccessibles pour une grande partie de la population. Lors de l’émission « La Matinale » sur Tchadinfos, le sociologue Remadji Ngaba a abordé cette question pressante, posant une interrogation brutale : peut-on survivre avec un budget de 2 000 francs CFA par jour pour une famille moyenne de cinq à six personnes ?
Ngaba souligne qu’une telle somme équivaut à environ 375 francs par personne, soit un budget de survie plutôt qu’une véritable garantie de vie décente. Cette contrainte se reflète dans les cuisines où les protéines et les légumes deviennent rares. Le sociologue met en évidence le risque nutritionnel, notamment pour les enfants qui grandissent avec un régime alimentaire appauvri.
Selon lui, le panier de la ménagère est de plus en plus vide, et c’est la résilience mentale et psychologique des Tchadiens qui permet de supporter cette situation. Remadji Ngaba souligne que la femme subit le plus le poids de cette réalité économique. Elle gère les finances du foyer et souffre en première ligne de la pression économique.
Malgré la forte inflation, les autorités semblent incapables d’exercer un contrôle efficace et durable sur les prix. Les interventions ponctuelles, estime-t-il, ne suffisent pas ; rapidement, les prix grimpent à nouveau, rendant les tentatives de régulation inefficaces.
Le sociologue aborde également la question des ressources naturelles inexploitées. Le Tchad, avec ses vastes terres cultivables, devrait pouvoir répondre aux besoins alimentaires de sa population. Cependant, la réalité est que les conflits entre agriculteurs et éleveurs freinent la production locale, ce qui pourrait, en cas de résolution, contribuer à baisser les prix sur les marchés urbains.
La pression économique ne reflète pas uniquement une hausse des prix des denrées alimentaires, mais également un déséquilibre dans d’autres aspects de la vie quotidienne. Le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), inchangé depuis 2011 et fixé à 60 000 francs CFA, est loin de couvrir les besoins essentiels, surtout dans un contexte où les prix ont doublé et les loyers à N’Djamena absorbent une partie significative des revenus.
Pour Remadji Ngaba, la solution réside dans l’action gouvernementale. Il propose de subventionner les projets agricoles, de valoriser les ressources en eau et de mettre en place un suivi régulier des prix sur les marchés. Ces mesures pourraient aider à stabiliser la situation économique et offrir un répit aux ménages.
Le sociologue exhorte également les dirigeants à s’inspirer des modèles internationaux pour améliorer les conditions de vie des Tchadiens. Cette réalité quotidienne engage tous les acteurs à repenser la gestion économique afin de préserver le bien-être des citoyens.