Choléra au Tchad : 484 cas, 21 décès au 16 août

Choléra au Tchad : L’épidémie poursuit sa progression avec 484 cas et 21 décès enregistrés au 16 août

L’épidémie de choléra qui sévit au Tchad depuis la mi-juin montre une progression inquiétante. Selon le dernier rapport de situation du ministère de la Santé, 484 cas cumulés ont été confirmés et 21 décès enregistrés à la date du 16 août 2026.

L’apparition initiale des cas a été signalée le 13 juin à Karal, une localité de la province du Hadjer-Lamis. En l’espace de trois jours, la présence du Vibrio cholerae O1 Ogawa était confirmée par les laboratoires. Le fléau s’est ensuite propagé, atteignant mi-juillet le district de N’Djamena Nord avant de déclencher un état d’épidémie officiel dans la capitale, le 24 juillet.

La province du Lac n’est pas en reste, avec une progression notable des cas depuis le début d’août. Les districts sanitaires de Bol, Kangallom, Bagassola et Liwa rapportent un nombre croissant de nouvelles infections. Actuellement, neuf districts sanitaires répartis dans les provinces du Hadjer-Lamis, de N’Djamena et du Lac sont affectés par cette crise sanitaire. Ces zones se partagent 14 zones de responsabilité active, couvrant 65 villages et quartiers dans leur ensemble.

Ce tableau déjà préoccupant est accentué par un taux de létalité atteignant les 4,3 %, largement supérieur au seuil recommandé de 1 %. Sur les 21 décès, 11 ont eu lieu dans la communauté, indiquant un retard préoccupant dans la prise en charge. De plus, 86 % des patients se présentent dans les centres de santé avec un degré de déshydratation modéré à sévère, témoignant d’une détection tardive des cas et d’un accès restreint aux soins médicaux nécessaires.

En réponse à cette situation, les autorités sanitaires, en collaboration avec leurs partenaires, intensifient leurs efforts pour endiguer la progression du choléra. Des campagnes de sensibilisation sont organisées au sein des communautés, et la formation de volontaires est en cours. À ce jour, plus de 1 200 ménages ont bénéficié de mesures de désinfection ciblées et plusieurs millions de comprimés d’Aquatabs ont été distribués pour garantir la potabilité de l’eau.

Sur le plan vaccinal, près de 1,93 million de doses de vaccin oral contre le choléra sont actuellement disponibles dans le pays. Plus de 205 000 personnes ont été vaccinées dans les régions les plus touchées, constituant ainsi un rempart essentiel contre la propagation de l’épidémie.

Toutefois, la riposte rencontre plusieurs obstacles. L’accès à l’eau potable reste limité, tandis que la défécation à l’air libre demeure une pratique courante. La forte mobilité des populations, le manque de kits WASH (eau, assainissement et hygiène) et d’intrants médicaux, en plus d’une insuffisance de personnel médical et de contraintes sécuritaires dans certaines zones du Lac, compliquent l’efficacité de la réponse.

Les autorités rappellent que la prévention est primordiale dans la lutte contre le choléra. Elles conseillent de se laver régulièrement les mains, de ne consommer que de l’eau potable, de bien laver les fruits et légumes, et de se rendre sans délai dans un centre de santé en cas de diarrhée abondante. Cette sensibilisation a pour but de réduire au maximum le nombre d’infections et de freiner la mortalité associée à cette épidémie.