Clarisse, mère célibataire, transforme la soudure en espoir d’avenir

À Doba, une Femme Réinvente son Destin dans la Soudure

À Doba, dans la province du Logone oriental, Weyebeye Clarisse, 26 ans et mère de deux enfants, s’illustre dans le domaine peu commun de la soudure, affirmant son indépendance dans un milieu traditionnellement masculin.

Originaire de cette région, Clarisse a affronté divers obstacles dès son jeune âge. Elle a dû interrompre sa scolarité au niveau de la classe de troisième pour se marier prématurément, une pratique encore courante dans certaines régions du Tchad. De son premier mariage, elle eut un enfant, mais la perte de son mari marqua le début d’une série de difficultés. Un second mariage instable l’a laissée seule, abandonnée avec un deuxième enfant. Ces événements ont créé des tensions au sein de sa famille, l’amenant à quitter la concession paternelle pour s’installer dans une maison louée avec ses enfants.

Décidée à surmonter ces défis, Clarisse choisit de se former à la soudure, un secteur dominé par les hommes dans cette région. « La vie est un combat », affirme-t-elle, soulignant sa détermination à ne pas se laisser abattre par l’adversité. Après plusieurs années d’efforts et de persévérance, elle réussit à obtenir un contrat à la ferme de BELACD Caritas, située à environ 20 kilomètres de Doba. Chaque jour, Clarisse y travaille de 6h à 17h, créant des portes métalliques, des armoires, des charpentes, et d’autres objets en métal.

Son travail à la ferme ne se limite pas à la fabrication. Pour Clarisse, chaque pièce forgée symbolise un pas vers son indépendance et sa dignité retrouvée. « Il n’y a pas de meilleur sentiment que celui de pouvoir subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants par son propre effort », confie-t-elle.

Cette volonté de fer commence à porter ses fruits. Les tensions autrefois présentes dans sa famille commencent à s’apaiser, notamment avec son père, avec lequel elle a progressivement renoué des liens de confiance. Pour Clarisse, cette réconciliation est aussi précieuse que ses gains financiers.

Son ambition est claire : ouvrir son propre atelier de soudure. En le réalisant, elle souhaite non seulement assurer sa propre autonomie, mais également créer des opportunités pour d’autres femmes désirant s’engager dans ce domaine.

Le parcours de Weyebeye Clarisse n’est pas seulement une histoire personnelle de détermination, mais également le reflet de la résilience de nombreuses femmes tchadiennes. En défiant les normes sociétales et en embrassant des métiers dits masculins, elles tracent leur propre voie et offrent un meilleur avenir à leurs enfants.

En conclusion, l’histoire de Clarisse est un témoignage puissant de courage et de transformation dans le paysage socio-économique du Tchad, inspirant d’autres femmes à repousser les frontières des rôles traditionnels.

Tolobé Mbaïnaïssem Dieudonné, correspondant à Doba