Comment le changement climatique impacte notre santé mentale et l’économie mondiale
Les dirigeants mondiaux à Davos : Entre dialogues et défis globaux
Du 16 au 20 janvier 2026, le Forum économique mondial a rassemblé des dirigeants, entrepreneurs et experts à Davos pour explorer des questions clés allant des conflits géopolitiques à l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur l’économie mondiale. Le thème principal, « Un esprit de dialogue », a souligné l’importance d’une coopération constructive face à une conjoncture mondiale tumultueuse.
Dans un contexte de tensions internationales croissantes, la première journée a commencé par un concert inaugural, une initiative inédite visant à illustrer l’idée que la musique transcende les barrières culturelles et linguistiques. Børge Brende, président du Forum économique mondial, a déclaré que cette approche visait à ancrer la semaine dans un dialogue harmonieux, chaque voix étant essentielle pour créer une collaboration efficace. André Hoffmann, vice-président de Roche Holding, et Larry Fink, PDG de BlackRock, ont réaffirmé cette vision, insistant sur le potentiel des échanges variés pour enrichir le débat sur les enjeux mondiaux.
Les discussions ont rapidement dérivé vers des questions cruciales liées à l’IA, un sujet qui, au-delà de ses promesses, soulève des inquiétudes concernant les inégalités croissantes. Sur le deuxième jour, des leaders comme Marc Benioff (Salesforce) et Ruth Porat (Alphabet) ont mis en lumière les défis de la croissance durable dans un environnement économique instable. Porat a insisté sur le fait que l’IA doit être perçue comme un moyen d’élargir les capacités des entreprises plutôt que comme une simple solution de réduction de coûts. Le consensus était clair : une leadership fort est crucial pour naviguer dans ce nouveau paysage économique.
La session intitulée « L’IA : un jeu de pouvoir sans arbitre » a exposé les contradictions inhérentes à l’essor de cette technologie. Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, a souligné que 40 % des emplois pourraient être affectés par l’IA, en particulier dans les économies développées. Cette dynamique accroît la nécessité d’investissements ciblés dans les infrastructures des pays en développement pour réduire le fossé numérique.
Sur le plan géopolitique, la rencontre a révélé un sentiment d’urgence face à un ordre économique mondial en mutation. Mark Carney, Premier ministre canadien, a averti que l’isolement nationaliste risquait d’aggraver la situation au lieu de la résoudre. Emmanuel Macron a ajouté que l’Europe doit s’adapter pour rester compétitive sur la scène internationale, en renforçant ses réglementations et ses investissements.
Au troisième jour, la discussion s’est recentrée sur l’individu, avec une attention particulière portée sur la santé des femmes. Un panel de leaders en santé a souligné que l’inégalité en matière de santé est non seulement injuste mais défavorable à la productivité économique. Sania Nishtar de Gavi a affirmé que l’accès universel aux soins et la prévention sont essentiels pour améliorer la vie des femmes, catalysant ainsi un effet positif sur l’économie.
Dans le même temps, Rebeca Grynspan, secrétaire générale du CGDU, a signalé une crise imminente pour de nombreux pays en développement, dont la capacité d’investissement dans la croissance est sérieusement compromise par un endettement croissant.
Le quatrième jour a vu l’irruption de la géopolitique dans le débat avec des interventions notables comme celle du président israélien Isaac Herzog, qui a insisté sur la nécessité d’un dialogue multilatéral face à l’instabilité régionale. Elon Musk, présent au forum, a présenté l’IA comme un moteur potentiel d’une économie en pleine croissance, mais a mis en garde contre les limitations liées à l’électrification.
Les discussions sur l’économie américaine ont mis en évidence une contradiction : bien que le pays affiche une croissance robuste, les inégalités et la méfiance envers les institutions persistent. Des experts ont exprimé des inquiétudes face aux conséquences néfastes d’une répartition inégale des gains.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a plaidé pour une réponse collective plus forte de l’Europe face aux crises actuelles, appelant à une action concertée pour reconstruire un avenir solide. Les débats ont également révélé comment le commerce mondial évolue sous l’impulsion du protectionnisme, avec des assertions de la directrice de l’OMC sur la nécessité d’une adaptation face à ces nouvelles réalités.
Enfin, le cinquième jour a abordé des enjeux cruciaux tels que l’érosion de la confiance dans la science, l’impact de l’évolution technologique sur la santé mentale et l’impératif d’une action climatique. Des leaders comme Johan Rockström ont soutenu que des transitions responsables offrent des perspectives d’amélioration à la fois pour l’économie et la santé publique.
Christine Lagarde a conclu les débats en appelant à une interprétation rigoureuse des chiffres de croissance, tandis que d’autres ont mis en garde contre le risque de pertes d’emplois liés à l’IA. En somme, le Forum économique mondial 2026 a mis en lumière une réalité complexe où les défis économiques, technologiques et sociaux sont inextricablement liés, nécessitant une coopération internationale renforcée pour façonner un futur durable.