Coton tchadien : l’économie locale en action

Le Coton Tchadien : Pilier de Développement et Résilience Territoriale

Le secteur du coton au Tchad vient de recevoir un coup de pouce significatif de la France, marquant le retour de l’Agence Française de Développement (AFD) dans un domaine crucial pour l’économie du pays. Un financement de 17,5 millions d’euros, soit 11,5 milliards de FCFA, a été octroyé pour appuyer la filière, une démarche qui réaffirme le rôle historique de la France en Afrique centrale et occidentale.

Dans les régions du Mayo-Kebbi Ouest et du Moyen-Chari, le coton joue un rôle central au sein des exploitations agricoles. Au-delà d’être une simple culture de rente, il est perçu comme un pilier de stabilité économique. Les agriculteurs adoptent une diversification stratégique, associant le coton à d’autres cultures telles que l’arachide, le sésame, et les tubercules pour se prémunir contre les aléas climatiques et économiques. Dans ce contexte, le coton assure un revenu stable tout en soutenant l’économie rurale.

Le Projet DEBACO : Vers une Approche Territoriale du Développement Cotonniers

Le Projet de Développement Agricole et Territorial du Bassin Cotonnier du Tchad (DEBACO) symbolise cette dynamique de renforcement territorial. Ce projet, soutenu par la France, vise à dynamiser la filière en intervenant directement sur le terrain. L’initiative met l’accent sur le développement d’une approche territoriale, en renforçant le rôle crucial du coton pour l’emploi et les conditions de vie de nombreuses familles.

Pour atteindre ses objectifs, le projet prévoit de soutenir la société Coton Tchad, un acteur clé de l’industrie, et de favoriser la professionnalisation des producteurs. Cela inclut également un investissement dans le conseil agricole et la recherche, élément primordial pour la résilience des exploitations.

Gouvernance et Stabilité : Clés de la Réussite

Un des défis majeurs du développement de la filière reste la gouvernance. La performance de cette filière ne repose pas uniquement sur les infrastructures ou les débouchés, mais aussi sur une coordination efficace des acteurs dans un cadre stable et partagé. Le Fonds de soutien au secteur coton du Tchad (FSSCT) est un instrument central à cet égard. Ce fonds, nouvellement approvisionné par la France, a pour objectif de stabiliser les revenus des producteurs face à la volatilité des cours internationaux.

Ce support n’est pas uniquement financier. Il s’accompagne d’une structure de gouvernance partagée comprenant l’État tchadien, l’entreprise Coton Tchad, et les producteurs, représentés par l’Union Nationale des Producteurs de Coton (UNPCT). Ce cadre sert à cimenter un dialogue institutionnel fort et durable sur les politiques agricoles.

Un Engagement dans une Logique Complémentaire et Catalytique

Ce soutien financier bien que conséquent, s’inscrit dans une logique complémentaire et catalytique, renforçant les initiatives locales sans s’y substituer. La pérennité des résultats dépendra de la synergie entre les financements nationaux et ceux d’autres partenaires comme la Banque mondiale.

L’enjeu majeur demeure institutionnel. Plus qu’un financement, il s’agit de promouvoir un dialogue continu entre les acteurs concernés pour s’assurer que les politiques publiques soient en phase avec le Plan National de Développement Tchad Connexion 2030. Le projet DEBACO et le soutien au FSSCT doivent être perçus comme des leviers de transformation, permettant à la filière de devenir plus intégrée et résiliente.

Dans les territoires, le développement du coton ne repose pas uniquement sur les champs. Il dépend de la capacité des institutions à collaborer, garantissant ainsi des bénéfices durables pour les revenus ruraux et la stabilité des régions. L’investissement international, combiné à des initiatives locales solides, peut ainsi favoriser une amélioration substantielle du bien-être de la population.