Croissance en berne et inflation en hausse : la CEMAC face à de nouveaux défis en 2026

BEAC : Réunion du Comité de Politique Monétaire et Prévisions Économiques pour 2026

La première session ordinaire de 2026 du comité de politique monétaire de la Banque des États de l’Afrique centrale, tenue à Yaoundé, dévoile des prévisions économiques en demi-teinte pour l’année à venir.

Le 2 avril 2026, Yaoundé, la capitale camerounaise, a accueilli la première session ordinaire du comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Cette réunion, présidée par Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC, avait pour principal objectif d’analyser la situation économique de la région et d’établir des perspectives pour l’année en cours.

Le communiqué de presse publié à l’issue de cette rencontre révèle que les prévisions économiques, établies par les services de la BEAC en février 2026, tablent sur une croissance de 2,9 %. Ce chiffre marque un ralentissement par rapport à la croissance de 3,5 % enregistrée en 2025. Cette diminution s’explique par divers facteurs régionaux et internationaux qui freinent le dynamisme économique de l’Afrique centrale.

Du côté de l’inflation, une légère augmentation est prévue, atteignant 2,3 % en 2026 contre 2,1 % l’année précédente. Cette tendance reflète une conjoncture économique complexe, influencée par des éléments internes tels que les politiques budgétaires et externes, comme les fluctuations des prix des matières premières.

Selon le rapport, la masse monétaire en circulation devrait connaître une augmentation significative de 11,1 % d’ici la fin de l’année 2026. En parallèle, les réserves de change, exprimées en mois d’importation de biens et de services, devraient représenter 4,52 mois, en légère progression par rapport aux 4,22 mois de 2025. Ces indicateurs illustrent une résilience financière malgré un ralentissement de la croissance.

Sur le plan international, le Fonds monétaire international (FMI) estime une croissance mondiale stable à 3,3 % pour 2026, en ligne avec les chiffres de 2025. Cependant, ces projections sont entachées de fortes incertitudes liées notamment au conflit persistant au Moyen-Orient, situation susceptible d’influencer les marchés mondiaux et, par ricochet, les économies africaines.

En conclusion, bien que les défis économiques soient nombreux, la région continue de montrer une capacité d’adaptation face aux contraintes internationales. Le comité de politique monétaire de la BEAC reste vigilant et prêt à ajuster ses stratégies pour soutenir la stabilité financière et économique de l’Afrique centrale.