Débat à N’Djaména : l’avenir des femmes tchadiennes en politique se dessine
Les Étudiants en Sciences Politiques de N’Djamena Débattent de la Place des Femmes en Politique
Le 28 mars, l’Université de N’Djamena a accueilli une conférence-débat sur l’importance de l’engagement des femmes dans la vie publique et politique au Tchad. Organisé par le club des étudiants en sciences politiques, cet événement s’est déroulé sur le campus Ardep-Djoumal.
Placé sous le thème « La place de la femme tchadienne sur la scène politique », l’événement visait à sensibiliser le public étudiant et au-delà. L’objectif principal était de mettre en lumière l’importance de l’inclusion des femmes dans les processus décisionnels tout en incitant les jeunes filles à s’engager politiquement pour promouvoir l’égalité des chances dans les gouvernances publiques à venir.
Selon Nodjimadji Tatiana, chargée des affaires féminines des étudiants de la faculté, les femmes tchadiennes ont un rôle crucial au sein de la société, bien au-delà des stéréotypes traditionnels. Elle a déclaré : « Une femme ne doit pas se limiter à la cuisine ni au champ. Elle est souvent médiatrice lors des conflits familiaux et communautaires. »
Elle a également souligné la nécessité d’une prise de conscience collective pour le développement du pays : « Le progrès du Tchad dépend aussi de la participation des femmes dans les instances décisionnelles. »
Malgré les statistiques montrant que les hommes représentent 70 % des acteurs politiques, la question de l’égalité persiste, a ajouté Mme Tatiana. Elle a exhorté à cesser de minimiser la contribution des femmes.
La panéliste Mekonnodji Pascaline a reconnu que des avancées législatives ont été accomplies ces dernières années, mais elle a insisté sur le fait que leur impact reste limité dans la pratique. En 2024, seulement 34 femmes occupaient des sièges parlementaires, ce qui illustre la faible visibilité des femmes sur la scène politique nationale.
Samira M’bassi Mamadou, une autre intervenante, a condamné l’exclusion des femmes même dans le milieu universitaire. « Les femmes tchadiennes sont souvent écartées des décisions importantes. À l’université, les postes de responsabilité sont généralement tenus par des hommes. Cela exclut encore l’égalité des sexes », a-t-elle affirmé.
Cet événement a offert aux étudiants l’occasion de poser des questions, partager leurs expériences et proposer des solutions pour renforcer la participation des femmes en politique. Les organisateurs espèrent éveiller les consciences et inspirer une nouvelle génération de leaders féminines prêtes à s’engager dans la construction démocratique du Tchad.