Défi des Pluies : Producteurs du Moyen-Chari 2026-2027
Campagne agricole 2026-2027 : les producteurs confrontés à un déficit de précipitations au Moyen-Chari
La campagne agricole 2026-2027 se déroule sous le signe de l’incertitude dans la province du Moyen-Chari au Tchad, en raison d’un déficit notable de précipitations. Ce phénomène climatique perturbe le calendrier agricole traditionnel et suscite une profonde inquiétude parmi les producteurs de la région.
À Moussafoyo, Sa Majesté Tigalnabaye Naré Marc, chef de canton et lui-même producteur de coton, de maïs, d’arachides et de patates, constate un important changement dans le schéma des pluies. Il rappelle que, traditionnellement, les premières pluies débutaient au mois de mars ou avril. Or, cette année, c’est seulement en juin que les précipitations ont véritablement commencé. Une telle situation pourrait réduire significativement les rendements, si les pluies ne se poursuivent pas régulièrement jusqu’à la fin de la saison.
Le même constat de retard des pluies est dressé à Balimba, où le chef de canton, Sa Majesté Tamdji Nangasdé Ngardoum, appelle les autorités à anticiper les effets du changement climatique. Selon lui, le Tchad possède un potentiel inexploité pour développer l’agriculture de contre-saison grâce notamment aux plaines fertiles et à une abondance de ressources en eau. Il milite également pour que les prévisions météorologiques soient plus précises, permettant ainsi aux producteurs de mieux organiser leurs activités agricoles.
Les insuffisances pluviométriques et la mauvaise répartition des précipitations gênent sérieusement la mise en place et le développement des cultures, selon plusieurs techniciens de l’agriculture. Ce contexte climatique pourrait entraîner une baisse des rendements pour des cultures essentielles telles que les céréales, l’arachide et le coton.
Pour faire face à cette situation préoccupante, les experts recommandent aux producteurs de ne pas exclusivement compter sur les pluies traditionnelles. Ils encouragent le développement du maraîchage et l’exploitation des cultures de contre-saison, comme moyens d’adaptation et de résilience. Ils appellent en outre le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers à intensifier leur soutien aux producteurs.
Les conséquences de cette mauvaise répartition des pluies ne s’arrêtent pas aux champs. Les producteurs craignent un impact négatif sur les revenus des ménages, ce qui pourrait compromettre la scolarisation de leurs enfants. Cette incertitude économique vient exacerber une situation déjà délicate pour de nombreuses familles dans le Moyen-Chari.
Face à ces défis, une réflexion approfondie et une mobilisation à différents niveaux semblent impératives pour atténuer les effets du changement climatique sur l’agriculture au Tchad, en particulier dans une région aussi vulnérable que le Moyen-Chari. Tandis que les communautés et les autorités s’efforcent de s’adapter aux nouvelles réalités climatiques, l’avenir de l’agriculture dépendra aussi de la capacité à mettre en œuvre des stratégies innovantes et durables.