Défi scolaire : enfants sans papiers à N’Djaména

À N’Djaména, le défi de l’éducation pour les enfants sans papiers

À N’Djaména, la capitale du Tchad, de nombreux enfants font face à des obstacles pour intégrer le système éducatif en raison de l’absence d’acte de naissance. Cette situation, qui compromet leur accès à l’éducation, est un véritable défi pour les établissements scolaires de la ville.

Des inscriptions au compte-gouttes

À l’école d’application de l’ENIB, le directeur Padjonré Alexandre constate que plusieurs enfants parmi les inscrits se présentent sans la pièce essentielle qu’est l’acte de naissance. « Chaque année, nous rencontrons des situations pareilles », déclare-t-il. Confrontés à ce problème récurrent, les établissements scolaires se trouvent parfois contraints d’accepter des élèves sans document valide, en exigeant toutefois la présence des parents lors de l’inscription.

La problématique est similaire au lycée Belle Vue, où le censeur Mbaitogomem Seth observe que les promesses des parents de fournir un acte de naissance ne se concrétisent pas toujours. Cette situation pose un problème majeur, notamment pour le passage des examens officiels tels que le Brevet de l’enseignement fondamental.

Une exigence non négociable pour certains

À l’école catholique associée Pauline Jaricot, la direction affiche une position ferme : pas d’inscription sans acte de naissance. Dans un contexte où l’Annuaire statistique de l’éducation nationale 2025 indique que 21,95 % des élèves tchadiens n’ont jamais été déclarés à l’état civil, la situation est alarmante. Vaibra Nicolas, secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, souligne l’importance de l’exécution de mesures pour une identification correcte des élèves.

Tentatives de solution par le gouvernement

Le gouvernement, en partenariat avec l’UNICEF, a lancé l’opération « un enfant, un acte de naissance » le 24 juillet 2026. Cette initiative vise à enregistrer à l’état civil et délivrer des actes de naissance à un million d’enfants de 4 mois à 17 ans. Toutefois, malgré les intentions, l’opération progresse lentement et plusieurs établissements n’en sont pas informés.

Les obstacles et les solutions envisagées

Plusieurs facteurs expliquent cette problématique. L’éloignement des services d’état civil des populations rurales, le manque de sensibilisation, et les coûts prohibitif du processus sont souvent mentionnés. Le vice-Premier ministre chargé de l’Administration du territoire, Limane Mahamat, a annoncé la gratuité totale de l’opération et l’extension de la gratuité des jugements supplétifs jusqu’en 2030, espérant ainsi corriger cette situation.

En attendant, les écoles de N’Djaména continuent de jongler avec la réalité quotidienne de l’enseignement aux enfants sans papiers, tout en cherchant à trouver un équilibre entre l’accessibilité à l’éducation et la régulation nécessaire pour organiser le système éducatif.