Défis structurels de l’éducation au Tchad : la rectrice de l’Académie
Tchad : la rectrice de l’Académie du Sud-est face aux défis structurels de l’éducation
Le mardi 20 octobre 2026, la Professeure Khadija Hassaballah Hamid, rectrice de l’Académie du Sud-est, s’est rendue dans la province du Mandoul pour évaluer les conditions actuelles du système éducatif local. Au cours de cette visite, elle a rencontré divers acteurs de l’éducation, dont le délégué général du gouvernement auprès de la province, Ahmat Abdallah Fadoul, ainsi que des inspecteurs de l’Éducation nationale.
L’objectif de cette mission était de dresser un état des lieux des difficultés rencontrées dans les établissements scolaires. La déléguée provinciale de l’Éducation nationale, du Bilinguisme et de la Promotion civique du Mandoul, Mme Ougueye née Sia Betour, a partagé les principaux défis auxquels fait face la province. Actuellement, Mandoul abrite 1 236 écoles primaires, dont seulement 1 139 sont opérationnelles. Un des principaux enjeux identifiés est la pénurie d’enseignants qualifiés. Pour le niveau primaire, la province nécessite 4 686 enseignants, mais seulement 413 sont actuellement en fonction, financés par l’État. En conséquence, 3 654 maîtres communautaires sont mobilisés pour assurer des cours dans les écoles.
La situation est tout aussi préoccupante dans l’enseignement moyen, où il est estimé qu’il manque 536 enseignants qualifiés. Outre le déficit en ressources humaines, les infrastructures scolaires présentent de graves lacunes : sur 3 695 salles de classe nécessaires au primaire, seulement 1 007 sont en bon état, laissant un déficit de 2 688 classes. Ces insuffisances sont aggravées par le manque de matériel scolaire adéquat et d’infrastructures de soutien, telles que des cantines, qui pourraient aider à lutter contre des problématiques telles que l’abandon scolaire et la pauvreté.
Les conditions de vie des familles de la région, souvent précaires, font également partie des obstacles au bon fonctionnement des établissements scolaires. Le phénomène des enfants bouviers, qui consiste à envoyer des enfants garder le bétail plutôt que de les scolariser, ainsi que les impacts des inondations sur les infrastructures éducatives sont autant de défis que doivent relever les acteurs de l’éducation.
Lors des échanges, la secrétaire générale de l’Académie du Sud-est, Mme Line Livorice Néloum, a souligné l’importance de la collaboration entre l’administration académique et les acteurs du terrain. Elle a insisté sur le fait qu’un travail d’équipe est indispensable pour avancer face à ces défis. « Il ne faut jamais travailler seul. Si nous travaillons en équipe, nous pourrons avancer », a-t-elle affirmé, tout en saluant le dévouement des responsables éducatifs qui œuvrent pour le maintien des écoles, même dans les zones les plus reculées.
La rectrice Khadija Hassaballah Hamid a reconnu les efforts déployés par la délégation provinciale de l’Éducation nationale. Elle a encouragé les inspecteurs et autres responsables à continuer à travailler pour l’amélioration des conditions d’apprentissage des élèves. « Cette rencontre doit nous permettre de mieux cerner les besoins de la province et de renforcer progressivement l’accompagnement des responsables éducatifs. Car notre objectif est d’améliorer le fonctionnement des établissements scolaires au bénéfice des enfants tchadiens », a-t-elle conclu.
Cette visite de la Professeure Khadija Hassaballah Hamid met en lumière l’importance d’une approche intégrée et collaborative pour relever les défis structurels de l’éducation au Tchad. Les efforts collectifs des différents acteurs éducatifs seront essentiels pour améliorer la qualité de l’enseignement et garantir un avenir meilleur aux jeunes générations.