Des citoyens unis pour un mécanisme de vérité et réconciliation : un appel urgent pour l’avenir.
Débats sur la vérité et la réconciliation au Tchad : un appel à la réflexion
Lors d’une récente rencontre, Baroum Kongdi Ezéchiel, secrétaire général de l’Union des Jeunes Chrétiens (UJC), a évoqué les profondes blessures sociales et politiques que traverse le Tchad, soulignant le besoin urgent de vérité et de réconciliation.
Dans son discours d’ouverture, Baroum Kongdi Ezéchiel a mis en lumière les traumatismes persistants touchant le pays depuis des décennies. Il a décrit un tableau sombre où des vies ont été perdues, des familles disloquées et des communautés largement affectées par la peur et la désorientation. Pour lui, cette spirale de souffrance nécessite une prise de conscience collective parmi les Tchadiens, appelés à reconnaître les enjeux profonds engendrés par la culture du mensonge et de la corruption.
Ezéchiel a également critiqué les multiples efforts de paix jusqu’à présent, qu’il considère insuffisants en raison d’un manque de franchise. Selon ses propos, l’honnêteté est une condition sine qua non pour que les initiatives de réconciliation portent leurs fruits. « Il est impératif que l’on parle la vérité pour éclaircir les maux qui freinent notre progression », a-t-il affirmé. Cette nécessité d’un moment de vérité est d’autant plus crucial à l’heure où nombre de Tchadiens vivent dans l’incertitude et l’angoisse face à un avenir instable.
Dans sa prise de parole, le secrétaire général a aussi rappelé que la spiritualité et l’honnêteté sont intimement liées. Il a cité des références aux noms de Dieu dans différentes traditions religieuses — Yahweh pour les hébreux, Allah pour les arabes — pour souligner que l’adoration authentique ne saurait se réaliser dans le mensonge. Il a encouragé ses compatriotes à s’éloigner de toute forme de duplicité pour retrouver un chemin commun plus éclairé.
L’intervenant a ensuite mis en avant les travaux du pasteur Jonathan Dionlar, qui a proposé un mécanisme de Vérité, Réparation et Réconciliation, crucial selon lui pour permettre au peuple tchadien de surmonter des décennies de violence et d’injustices. Dans une démarche proactive, l’Union des Jeunes Chrétiens a d’ores et déjà marqué son soutien à cette initiative, en reconnaissant l’importance d’un processus qui pourrait apporter une véritable guérison au pays.
Le discours d’Ezéchiel a également rappelé les contributions d’érudits et d’aînés, tels que les professeurs Abel Ndjerareou et Abel Ngarsouledé ainsi que le pasteur Barka Kamnadj, qui ont mené des colloques pour promouvoir la création d’un cadre de réconciliation. Leur engagement témoigne d’une volonté collective d’apporter une réponse éclairante face aux défis actuels du Tchad. Ils ont, tous, soutenu qu’un mécanisme de réconciliation véritable est indispensable à la stabilité du pays.
Pour conclure son intervention, il a évoqué le Message de Noël 2025 émis par la Conférence épiscopale du Tchad, qu’il considère comme un appel explicite à l’établissement d’un tel mécanisme. Selon lui, les recommandations des évêques sont le reflet d’une réponse divine aux aspirations du peuple tchadien. Ce mouvement vers la réconciliation pourrait ainsi offrir une lueur d’espoir dans un pays ancré dans des conflits latents.
Ces déclarations mettent en lumière l’urgence d’une réflexion collective sur l’avenir du Tchad. Dans un contexte où la société peine à se redresser, la voix de la jeunesse chrétienne se fait entendre avec force, appelant à la responsabilité de tous pour un Tchad uni et en paix.