Des consultations lancées pour des zones économiques spéciales dans cinq régions : vers un développement local renforcé.
Lancement des Consultations pour des Zones Économiques Spéciales au Cameroun
Le 5 février 2025, la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (Magzi), en collaboration avec la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et l’association des Communes et villes unies du Cameroun (CVUC), a inauguré des consultations majeures pour l’implantation de Zones économiques spéciales (ZES) adaptées dans cinq régions du pays : Centre, Littoral, Est, Sud et Ouest.
Ces échanges, organisés par les CVUC, se bandent autour de quatre axes fondamentaux. Le premier vise à établir pour chaque commune un modèle de zone industrielle qui prenne en compte ses ressources et potentiels spécifiques. Le deuxième axe concerne le transfert de compétences et de bénéfices économiques, pour permettre aux municipalités de devenir des acteurs actifs en matière de production plutôt que de simples réceptacles d’industries.
Ces consultations s’inscrivent dans la continuité d’un partenariat signé en juin 2025 lors des Journées économiques internationales des communes (Jeicom), qui a pour but de formaliser un accompagnement des communes dans leurs projets de développement industriel. Cette initiative s’aligne sur la Stratégie nationale de développement (SND2020-2030), laquelle prône la décentralisation comme levier pour dynamiser la croissance industrielle du pays.
Pour la Magzi, cette démarche de décentralisation vise à faire évoluer la gestion des zones industrielles d’un modèle centralisé vers une organisation territoriale plus diversifiée, au bénéfice des collectivités locales. Augustin Tamba, président national des CVUC, souligne que 2026 marquera la transition de la phase de planification à une opérationnalisation concrète sur le terrain, avec le début imminent des travaux d’aménagement dans des communes pilotes.
Un autre élément essentiel des consultations consiste à identifier les segments industriels les plus rentables pour les collectivités locales afin d’augmenter les opportunités d’emploi. L’appui technique de la CEA accompagne cette démarche. Parallèlement, la Magzi et les CVUC travaillent à vérifier la viabilité des terrains sélectionnés pour les ZES, afin de s’assurer qu’aucun différend ne les entoure. Au total, la Magzi prévoit d’aménager plus de 6 700 hectares sur l’ensemble du territoire national.
Des sites ont déjà été prévus, notamment à Edéa (Littoral) et Bertoua (Est), où une attention particulière sera portée à la transformation du bois et à d’autres filières prometteuses. À Meyomessala (Sud), un projet d’aménagement de 100 hectares est actuellement en cours, ainsi qu’un projet évalué à environ 316 hectares dans la zone de Nsam-Mvan à Yaoundé (Centre). Ces initiatives s’ajoutent aux récents partenariats et investissements annoncés dans le secteur.
En janvier 2026, un accord d’une valeur de 768 millions de dollars, équivalent à environ 433 milliards de FCFA, a été signé entre la Magzi et le groupe émirati SGC Investment. Cet accord vise à développer le parc industriel du bois de Bertoua, qui s’étendra sur 904 hectares avec un budget de 430 milliards de FCFA, ainsi que la base logistique de Nomayos à Yaoundé sur une surface de deux hectares, estimée à 3 milliards de FCFA.
Ces développements marquent une étape significative dans l’ambition du Cameroun de renforcer son tissu industriel et de soutenir les collectivités locales dans un cadre décentralisé. L’intégration de ces zones économiques spéciales est susceptible de transformer le paysage économique et d’accroître le potentiel de croissance dans tout le pays.