Des coups de feu près de l’aéroport de Niamey suscitent l’inquiétude et paralysent les vols

Explosions nocturnes près de l’aéroport de Niamey : un incident préoccupant

Des explosions violentes et des échanges de tirs ont résonné dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, à proximité de l’aéroport international Diori Hamani, situé à Niamey, la capitale du Niger. Plusieurs témoignages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux attestent de la gravité de la situation, faisant état de détonations fréquentes et d’un ciel illuminé par des tirs d’armes.

Les événements ont débuté aux alentours de 23H00 GMT, selon les sources, et ont perduré pendant près de deux heures, avant de laisser place à un retour au calme. Les détails concernant la nature précise des affrontements et les acteurs impliqués ne sont pas encore clairs, et aucune déclaration officielle n’a été émise par les autorités nigériennes à ce sujet. Ce manque d’informations suscite une inquiétude croissante au sein de la population et parmi les observateurs.

L’aéroport international Diori Hamani, qui se trouve à une dizaine de kilomètres du palais présidentiel du Niger, joue un rôle stratégique non seulement pour le transport civil mais également pour des opérations militaires. Il abrite une base de l’armée de l’air nigérienne ainsi qu’une nouvelle base de drones et le quartier général d’une force régionale unifiée qui inclut également des contingents du Burkina Faso et du Mali. Cette proximité avec des installations militaires essentielles augmente la gravité de l’incident survenu la nuit dernière.

Les tensions autour de l’uranium

L’un des aspects préoccupants de la situation actuelle pourrait être lié à la crise entourant les ressources en uranium du pays. En 2025, le gouvernement nigérien a rompu un accord avec le groupe industriel français Orano et a nationalisé la Société des Mines de l’Aïr (Somaïr), ce qui lui a permis de reprendre le contrôle de son uranium, dont il détenait précédemment seulement 36,6 %. Depuis cette décision, le gouvernement a annoncé son intention de vendre directement l’uranium sur le marché international, sans intermédiaire.

Orano conteste cette nationalisation, qualifiant la situation d’expropriation. La société a engagé des démarches juridiques pour contester cette décision, dénonçant notamment le transfert d’une cargaison d’uranium de la Somaïr vers Niamey, qui, selon elle, se trouve bloquée à l’aéroport international de la ville depuis plusieurs semaines. La tension autour de cette dispute pourrait avoir des répercussions significatives sur la sécurité et la stabilité du pays.

Réactions et implications

Les événements survenus dans la nuit dernière ont provoqué une onde de choc dans la population locale et parmi les observateurs internationaux. Alors que les autorités nigériennes s’efforcent d’apaiser la situation, la crainte d’une escalade des violences demeure présente. Les tensions dans la région, exacerbées par ce contexte autour de l’uranium, contribuent à une atmosphère d’insécurité grandissante.

La situation actuelle est d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un climat déjà volatil en Afrique de l’Ouest, où plusieurs pays font face à des instabilités politiques et sécuritaires. La dynamique entre les gouvernements, les entreprises multinationales, et les ressources naturelles est toujours délicate, et les citoyens se trouvent souvent pris au piège des conséquences de ces conflits.

Alors que les autorités nigériennes restent silencieuses pour le moment, les prochaines heures et jours seront cruciaux pour comprendre l’ampleur de la crise et les différents enjeux qui se dessinent. De plus, la communauté internationale attend avec attention des éclaircissements sur la situation, notamment en ce qui concerne la sécurité des installations militaires et civiles dans la région.

L’absence de communication officielle et le flou entourant les incidents de la nuit dernière soulèvent des questions quant à la capacité du gouvernement à gérer une situation potentiellement explosive. Les événements récents pourraient bien redéfinir les relations entre le Niger et les compagnies exploitantes d’uranium, ainsi que l’instabilité régionale face à des enjeux géopolitiques majeurs.

En attendant, la population de Niamey et les observateurs internationaux gardent un œil attentif sur l’évolution de la situation, espérant une clarification rapide des événements et une résolution pacifique des tensions qui ont émergé autour de l’uranium.