Des dirigeants du monde unis pour des coalitions sur la paix, le climat et la technologie : un tournant décisif pour l’avenir.

Le Forum pour la paix et la coopération internationale se conclut avec des engagements concrets

Le Forum international dédié à la coopération mondiale s’est récemment tenu, réunissant plus de 4 000 acteurs clés, dont des chefs d’État et des experts de divers domaines, pour aborder les défis contemporains de la paix, de la société et de l’environnement.

Lors de cet événement, qui s’est déroulé sur deux jours sous le thème « Nouvelles coalitions pour la paix, les peuples et la planète », des figures politiques, des ministres, des représentants de la société civile et des universitaires ont participé à 86 sessions de haut niveau. Les discussions ont débouché sur des engagements financiers significatifs et des déclarations visant à promouvoir des solutions multilatérales face à un monde de plus en plus fragmenté.

Parmi les sujets clés abordés, la nécessité de réformer l’architecture financière mondiale a été particulièrement mise en avant. Au cours d’une session intitulée « De Bridgetown à Accra : les visions qui façonnent l’avenir de la coopération internationale », des leaders du Sud Global, tels que le président ghanéen John Dramani Mahama et la Première ministre barbadienne Mia Amor Mottley, ont plaidé pour un système multinational plus juste. En soulignant les insuffisances du système actuel au regard des défis contemporains, Mahama a présenté son initiative « Accra Reset », qui se conjugue avec celle de Mottley pour faire pression sur les institutions financières internationales. Ce nouveau cadre prône des relations de respect mutuel entre le Nord et le Sud, cruciales pour aborder des enjeux tels que la dette et le changement climatique.

Le Forum a également fait face à une crise de sécurité mondiale, notamment avec le pilier « Paix » axé sur la diplomatie et le droit international. Un moment marquant a été l’annonce par Michelle Bachelet, ancienne présidente chilienne et Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme, de sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations Unies, un événement qui a redynamisé le dialogue sur l’avenir de l’ONU. Concernant le conflit israélo-palestinien, l’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert a fait valoir la nécessité d’un gouvernement palestinien pour Gaza, une position corroborée par l’ancien ministre palestinien des Affaires étrangères, Nasser Al-Qidwa. Le Forum a aussi organisé une conférence dédiée à la paix dans la région des Grands Lacs, avec un focus sur l’urgence humanitaire en République Démocratique du Congo.

À l’occasion du 75e anniversaire des Conventions de Genève, des discussions ont souligné l’importance de préserver le droit international humanitaire. La présidente du Comité international de la Croix-Rouge a rappelé que les premiers pas vers la paix sont toujours de nature humanitaire, insistant sur le besoin de respecter la dignité humaine dans tout contexte.

Concernant les citoyens, le Forum a mis en exergue les défis de la gouvernance technologique et de l’intégrité de l’information. Un segment de la conférence sur l’intégrité de l’information a également abouti à une déclaration collective de 29 États pour promouvoir des informations fiables et contrer la désinformation. Le président français Emmanuel Macron a annoncé un soutien supplémentaire de 10 millions d’euros pour cette initiative, tandis que le Ghana a été salué pour son rôle pionnier en Afrique.

Le thème de l’intelligence artificielle a également occupé une place prépondérante dans les discussions. L’ancienne Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a souligné les opportunités et les risques de l’IA, tandis que des experts, tels que le Pr Yoshua Bengio, ont exploré les meilleures pratiques pour assurer la sécurité technologique, notamment en ce qui concerne le développement des enfants face à ces nouvelles technologies.

Le pilier « Planète » a marqué le dixième anniversaire de l’Accord de Paris en adoptant des mesures concrètes pour accélérer l’action climatique. Un consensus s’est dégagé autour de l’exigence de réduire les émissions de méthane et de transitionner loin du charbon, avec la promesse d’un rapport sur le financement climatique qui sera présenté en novembre. Parallèlement, les discussions se sont attardées sur l’utilisation des minéraux nécessaires à la transition écologique, en veillant à ce que les préoccupations de sécurité ne compromettent pas la coopération internationale.

À la conclusion du Forum, son fondateur Justin Vaïsse a réaffirmé l’importance de l’impact sur les actions entreprises. Il a souligné que l’objectif de cette rencontre est de traduire les discussions en résultats tangibles, grâce à l’annonce de dix projets « Scale-Up » que le Forum soutiendra jusqu’en 2026. Ces initiatives, allant des voies climatiques au désenfumage des Balkans, illustrent l’engagement à transformer le dialogue international en solutions concrètes.