Des experts se rencontrent pour redéfinir la stratégie défense-sécurité-finances-diplomatie en période de crise.

Ouagadougou lance un dialogue stratégique entre Défense, Sécurité, Finances et Diplomatie

Les premières journées de dialogue Défense-Sécurité-Finances-Diplomatie se sont ouvertes ce mardi 17 février 2026 à Ouagadougou, marquant une étape significative dans la concertation entre les principaux acteurs de la gouvernance burkinabè.

Organisées par le ministère des Affaires étrangères, cette initiative vise à établir un cadre permanent pour renforcer la coopération stratégique entre les secteurs essentiels que sont la Défense, la Sécurité, les Finances et la Diplomatie. Le thème choisi pour cet événement, « Diplomatie et contexte géopolitique et sécuritaire : synergie pour une optimisation de la défense et de la promotion des intérêts nationaux », souligne l’importance d’une approche intégrée.

L’ouverture des travaux a été présidée par le ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le général de division Célestin Simpore, qui a représenté le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouedraogo. Ce moment a également réuni divers membres du gouvernement, des présidents d’institutions, ainsi qu’un large éventail d’acteurs issus des secteurs concernés.

Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traore, a introduit la conférence en insistant sur l’ambition de ce cadre d’échanges, qu’il qualifie de progressiste. Selon lui, il ne s’agit pas simplement d’un dialogue, mais d’un véritable effort pour développer une capacité de défense stratégique pour l’État. Il a martelé que « la défense des intérêts du Burkina Faso doit être cohérente, coordonnée et stratégique », rejoignant ainsi la vision du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traore.

Karamoko Jean Marie Traore a également évoqué le lien entre la force d’une nation et sa capacité à défendre ses intérêts. Il a affirmé : « Diplomatie sans force est inaudible, force sans diplomatie est vulnérable, et souveraineté sans ressources financières est fragile ». Cette réflexion met en exergue l’enjeu fondamental d’un partenariat harmonieux entre les différents secteurs pour garantir une véritable puissance étatique.

En poursuivant, le général Simpore, qui a prononcé le discours d’ouverture au nom du Premier ministre, a salué l’initiative comme étant inclusive et synergique. Il a noté que le thème abordé est d’une pertinence capitale, reflétant les fondements de la politique internationale du Burkina Faso et s’inscrivant dans la continuité des idéaux de la Révolution progressiste populaire. Son souhait est que ces journées de concertation constituent une voie vers une « diplomatie décomplexée, forte et cohérente », en phase avec les aspirations du peuple burkinabè.

Durant ces deux jours de travaux, les participants se pencheront sur quatre panels de discussion, en plus d’un panel de haut niveau animé par les ministres des secteurs concernés. Cela permettra d’explorer en profondeur les enjeux qui unissent la Défense, la Sécurité, les Finances et la Diplomatie.

Ce dialogue revêt une importance particulière dans un contexte mondial où les défis géopolitiques et sécuritaires sont de plus en plus pressants. L’interconnexion entre ces secteurs est cruciale pour la consolidation de la souveraineté nationale et la défense des intérêts du Burkina Faso sur la scène internationale. L’initiative marque donc un tournant dans l’approche stratégique du pays envers ses enjeux cruciaux.

L’engagement du gouvernement à créer un cadre de concertation stratégique est un pas en avant vers une meilleure articulation des politiques publiques. Cela pourrait également renforcer la réponse du Burkina Faso face à des menaces sécuritaires croissantes dans la région du Sahel.

La conclusion de ces journées de dialogue pourrait donner lieu à des recommandations concrètes qui guideront les actions futures du gouvernement dans les domaines de la Défense et de la Diplomatie. En particulier, la manière dont les différents ministères et acteurs seront en mesure de travailler ensemble pour relever les défis communs sera déterminante.

Ainsi, ces premières journées de dialogue à Ouagadougou s’inscrivent dans une dynamique de transformation nécessaire pour un Burkina Faso qui entend affirmer sa place et sa voix dans le concert des nations.