Des parlementaires mobilisés pour freiner les flux financiers illicites et protéger l’économie nationale
Tchad : Lancement d’un atelier sur la lutte contre la criminalité financière
La cérémonie d’inauguration d’un atelier sur la lutte contre la criminalité financière s’est tenue à N’Djamena, sous la présidence du Dr Houdeingar David, premier vice-président de l’Assemblée nationale. L’événement, qui a rassemblé de nombreux acteurs clés du secteur, a mis en lumière l’urgente nécessité d’une action parlementaire pour contrer les flux financiers illicites.
Le Dr David, entouré des membres de l’Assemblée nationale, a ouvert la séance avec un discours introduisant les enjeux cruciaux liés à la criminalité financière. Le Dr Epainete Djangang Sendé, également présent, a prononcé le discours d’orientation. En tant que 5ᵉ vice-président de l’Assemblée nationale et président de la section tchadienne de l’APNIFFT, ce dernier a exposé les dangers que représentent l’évasion fiscale, la corruption et le blanchiment d’argent pour le développement du Tchad et de l’ensemble du continent africain.
L’atelier a eu lieu les 28 et 29 mars, rassemblant des représentants du Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale (GABAC), du directeur général de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) et des experts de la société civile. Dans son allocution, le Dr Djangang a affirmé avec conviction : « L’Afrique, notre continent, et le Tchad, notre patrie, sont engagés dans une marche résolue vers l’émergence. Cependant, cette marche est entravée par l’ombre persistante des flux financiers illicites. »
Le dirigeant de l’APNIFFT a signalé le contexte particulièrement délicat du Sahel, où les flux financiers illicites alimentent souvent des activités terroristes, menaçant ainsi la paix et la stabilité du pays. La problématique de la criminalité financière est d’autant plus pressante dans un pays comme le Tchad, où les ressources sont limitées et où chaque centime compte pour le développement économique et social.
Dr Djangang a loué les réformes entreprises par le gouvernement, notamment la création de l’ANIF et de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), qu’il a désignées comme « piliers de notre architecture de transparence ». Il a également remercié le président de l’Assemblée nationale pour son rôle essentiel dans l’établissement d’un réseau parlementaire engagé dans la lutte contre ces fléaux.
« En tant que législateurs, nous avons le pouvoir de forger les outils juridiques nécessaires pour barrer la route à la criminalité financière. Notre rôle est d’être les sentinelles de la fortune publique », a-t-il précisé, soulignant le devoir moral et légal des parlementaires dans cette lutte.
Les deux jours de travail de l’atelier étaient dédiés à l’analyse des mécanismes de la criminalité financière, à la révision des instruments juridiques en place et à l’élaboration de recommandations spécifiques au contexte tchadien. Cet événement revêt une importance significative, car il s’inscrit dans un effort continu pour renforcer le cadre législatif et institutionnel nécessaire à la lutte contre les finances illicites.
En conclusion, cet atelier, qui s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme en cours au Tchad, représente une étape décisive pour l’avenir économique du pays. En mobilisant différents acteurs autour de cette problématique cruciale, le Tchad se positionne comme un acteur engagé dans la quête de la transparence et de l’intégrité financière.