Des sénateurs à N’Djamena : une décentralisation au cœur des réalités locales
Une délégation sénatoriale en tournée à N’Djamena pour promouvoir la décentralisation
Une délégation sénatoriale a récemment visitée N’Djamena pour s’immerger dans les réalités locales et échanger avec les autorités sur les enjeux de décentralisation.
Le périple a débuté avec une rencontre avec le délégué du gouvernement de N’Djamena, avant de se poursuivre dans les 6ème et 1er arrondissements de la ville. Accueillie par Amina Kodjiana, déléguée générale du gouvernement, la délégation a ensuite été reçue au 6ème arrondissement par Zenab Édith, puis au 1er arrondissement où se tenait une assemblée rassemblant des élus locaux, des représentants des forces de défense et de sécurité, ainsi que des chefs de services de l’État et des délégués de quartiers.
Lors de son discours de bienvenue, la maire a souligné l’importance de cette visite, la qualifiant de « signe fort d’écoute, de proximité et d’engagement » envers le développement local et le renforcement de la démocratie. Elle a dressé un tableau dynamique de sa collectivité, tout en abordant les défis structurels auxquels elle est confrontée, notamment le manque d’espaces dédiés à la jeunesse, des problématiques environnementales et des difficultés d’accès aux services sociaux de base.
Mme Zenab Édith a exprimé l’espoir que cette visite serait « une occasion précieuse d’échange » permettant d’intégrer les préoccupations spécifiques de son arrondissement dans les politiques publiques.
Au cours de cette tournée, la sénatrice Mariam Ahmat Djemil a prononcé un discours significatif, appelant à transformer la décentralisation en un « levier de justice sociale et de cohésion territoriale ». Elle a adressé un message clair aux différents acteurs présents, mettant en avant l’importance d’une politique sociale axée sur la « proximité, l’équité et l’efficacité ».
Elle a également rappelé aux élus locaux que la décentralisation représente un « choix politique fort » qui les positionne comme des acteurs centraux dans la mise en œuvre des politiques nationales. Elle a encouragé une « planification locale réaliste » et une « gestion transparente des ressources », tout en soulignant la nécessité d’un cadre législatif et budgétaire adéquat. « Les collectivités locales ont besoin de textes clairs, de compétences bien définies et de ressources suffisantes », a-t-elle déclaré, les invitant à être des « relais » essentiels entre la base et les instances décisionnelles nationales.
Son discours a particulièrement touché les délégués de quartier et les chefs de carrés, qu’elle a qualifiés de « voix directe des populations » et des « premiers maillons de l’organisation sociale ». Elle a insisté sur le fait que « la décentralisation commence au quartier », les incitant à identifier les priorités locales, à sensibiliser les habitants et à favoriser leur implication active.
Cette intervention reflète une volonté de faire de la décentralisation un outil tangible de transformation sociale, écrivant un nouveau chapitre dans l’histoire des politiques sociales locales. La sénatrice Mariam Ahmat Djemil souhaite que la décentralisation dépasse le simple transfert administratif de compétences pour devenir un véritable vecteur de changement.
Le maire du 1er arrondissement, Djamal Yaya, a également pris la parole, lançant un appel aux sénateurs pour qu’ils servent de relais auprès des autorités nationales afin de lever les obstacles entravant une décentralisation réelle et efficace. Il a souligné que cette visite représente une nouvelle étape vers une décentralisation harmonieuse, bénéfique pour tous, et s’est déclaré prêt à collaborer avec les sénateurs pour concrétiser cette réforme.
De son côté, l’administrateur délégué David Durand a rappelé que « la décentralisation n’est pas un concept théorique ou une simple intention politique. C’est un processus administratif réformateur de transfert de compétences et d’échanges entre collectivités locales, visant le bien-être des populations et la modernisation de l’État et de la société ».
Cette visite de la délégation sénatoriale à N’Djamena met en lumière les enjeux cruciaux liés à la décentralisation et à l’importance de la participation citoyenne dans les processus de décision. En plaçant la gouvernance de proximité au centre des préoccupations, les autorités locales et nationales cherchent à instaurer un dialogue constructif, essentiel pour le développement durable des communautés.