Désarroi au marché : commerçants sans ressources après l’incendie

« On n’a ni assurance, ni épargne » : Désarroi après l’incendie au marché à mil de N’Djamena

Le marché à mil, situé dans la commune du 4e arrondissement de N’Djamena, a été dévasté par un violent incendie le mardi 16 juin. Les commerçants, confrontés à des pertes considérables, appellent à l’aide des autorités.

L’odeur persistante de cendre et les débris de matériaux calcinés témoignent de la violence du sinistre. Des milliers de francs CFA, investis par les commerçants, sont partis en fumée en quelques heures, laissant derrière eux un profond désarroi et une incertitude quant à l’avenir.

Parmi les victimes, Mahamat Rozi Ali, 42 ans, peine à contenir son émotion en observant les cendres de sa boutique de tissus. « J’ai été informé de l’incendie et pensais que la situation n’allait pas empirer. Mais à ma grande surprise, plusieurs années d’efforts ont été consumées par le feu. Je ne sais plus quoi faire », déclare-t-il, désespéré.

Non loin de là, Adam Mahamat Moussa, commerçant depuis 12 ans, évalue les décombres de son stock, un conteneur entier de marchandises estimé à plusieurs millions de francs CFA, récemment reçu. « On n’a ni assurance, ni épargne. L’État doit nous aider, sinon on fait comment ? » s’interroge-t-il, encore sous le choc de la perte.

Adam Abdoulaye, qui tenait également une boutique de tissus, appelle les autorités à venir en aide aux commerçants dévastés. « C’est un appel que je lance aux autorités : venez nous voir. On ne demande pas la charité, on demande un appui pour se relever. Ce marché, c’est la vie du 4e arrondissement », insiste-t-il.

Bien que l’origine exacte de l’incendie n’ait pas encore été déterminée, des témoins rapportent qu’il aurait débuté dans un café-restaurant où un gérant aurait laissé des omelettes cuire sans surveillance. Le feu aurait pris dans le gaz et se serait propagé rapidement aux boutiques voisines. Malgré l’intervention rapide des sapeurs-pompiers, l’étroitesse des allées et la nature inflammable des matériaux sur place ont rendu leur travail ardu.

Les commerçants touchés expriment leur colère face aux pertes subies et interpellent directement les autorités locales et nationales pour obtenir une évaluation rapide des dégâts, un soutien financier d’urgence et la mise en place de mesures de sécurité efficaces pour prévenir de tels incidents à l’avenir.

Cet incendie dramatique met en évidence la vulnérabilité économique des petits commerçants face aux catastrophes inattendues et l’absence de mécanismes de soutien comme l’assurance. Alors que la poussière retombe sur les ruines fumantes du marché à mil, la reconstruction physique et économique semble plus urgente que jamais pour redonner vie à ce centre vital de la communauté de N’Djamena.