Deux jeunes relaxés par manque de preuves dans une affaire de vol de moto
Deux jeunes hommes accusés de vol à N’Djamena : une affaire soulève le doute sur les preuves
Le Tribunal de Grande Instance de N’Djamena a examiné ce mercredi une affaire impliquant deux jeunes hommes, retenus à la maison d’arrêt de Klessoum, accusés de vol.
Les faits se sont déroulés dans la nuit, vers 3 heures du matin. Un officier de police a constaté le vol d’une motocyclette, de deux bouteilles de gaz butane et d’un écran de télévision. Avec l’aide d’un voisin, il a cherché les suspects et les a rencontrés alors qu’ils sortaient d’un bar. Les deux jeunes, un étudiant en géographie et un travailleur du secteur informel, ont alors été interpellés.
Au cours de l’audience, il a été révélé que le policier et son voisin avaient conduit les suspects vers une maison en construction où les objets volés étaient cachés. Le voisin a d’ailleurs affirmé avoir déjà été victimisé par les deux accusés dans le passé, ce qui a renforcé les accusations portées à leur encontre.
Cependant, la défense a immédiatement souligné des lacunes dans le dossier. Les deux accusés ont nié en bloc les accusations, et leur avocat a mis en avant l’absence de flagrant délit, soulignant qu’ils n’avaient pas été appréhendés avec les biens volés. De plus, aucun lien direct n’a pu être établi entre les prévenus et la maison où le butin a été retrouvé. La défense a également pointé du doigt les déclarations du voisin, jugées comme des inférences sans fondement.
Devant la faiblesse des éléments matériels, le procureur de la République a plaidé pour la relaxe des deux jeunes hommes, arguant qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour soutenir les accusations.
Ce procès met en lumière des enjeux importants relatifs à la preuve et à la présomption d’innocence. Pour les proches des prévenus, l’attente d’une décision de justice prend une tournure particulièrement chargée d’émotion, chacun espérant que la vérité finira par éclater et que le honneur de l’étudiant et de son camarade sera réhabilité.
Dans ce contexte, cette affaire soulève des questions sur la manière dont les accusations peuvent avoir des conséquences irrémédiables sur la vie des personnes impliquées, même lorsque les éléments justifiant ces accusations semblent fragiles. Les délibérations du tribunal devraient éclairer cette situation, déjà suffisamment troublante pour les concernés.