Dieudonné Djonabaye : ambitions industrielles face aux enjeux sécuritaires croissants

Dieudonné Djonabaye esquisse l’avenir économique du Moyen-Chari

Dans le cadre majestueux du Palais de la Fraternité, Dieudonné Djonabaye, président du Conseil provincial du Moyen-Chari, a exposé les grandes lignes de sa vision pour revitaliser l’économie de la province, en insistant sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et d’une libération des entraves à l’investissement.

Une vision pragmatique pour le développement

Lors de cette déclaration, Djonabaye a réaffirmé que la transformation économique passe par une gestion budgétaire stricte. Il considère que le principal frein à cette évolution est le déficit énergétique, plutôt que la notion d’un déclin économique au sein de la province. En réponse aux préoccupations des acteurs économiques, deux projets phares ont été mis en avant : la privatisation de la Nouvelle Société Textile du Tchad (NSTT) et l’accélération de l’ouverture de la Zone Industrielle de Sarh.

Concernant la NSTT, le président a annoncé une privatisation imminente, favorisant ainsi l’efficience du secteur privé. « Un entrepreneur est directement lié au succès de son entreprise », a-t-il souligné, garantissant en plus que les anciens employés de la société auront la priorité lors des futures recrues, ce qui augure un souffle nouveau pour le marché de l’emploi local.

Quant à la Zone Industrielle de Sarh, Djonabaye a pointé du doigt des obstacles d’ordre juridique, précisant que des recours déposés par des habitants bloquaient son développement. Il a ainsi appelé à un sens des responsabilités collectif pour lever ces freins, soulignant l’importance cruciale de ce site pour offrir des opportunités aux jeunes de la province.

L’urgente nécessité de dialogue à Korbol

En marge de ces annonces, Djonabaye a abordé la question préoccupante des récents troubles dans le département de Korbol. Jumelant son rôle de gestionnaire à celui de médiateur, il a dénoncé les actes de violence tout en désignant comme principaux responsables ces « délinquants » qui perturbent la paix civile. Il a mis en avant trois facteurs clés derrière ces tensions :

  1. L’isolement géographique des populations, qui exacerbe leur vulnérabilité.
  2. Les pressions environnementales, comme la raréfaction des ressources, qui alimentent les conflits.
  3. L’importance du dialogue pour rétablir et maintenir une paix sociale durable.

Cette analyse met en lumière la nécessité de prendre en compte non seulement les incidents ponctuels, mais également les causes structurelles qui alimentent les violences dans cette région.

Le Moyen-Chari sur le devant de la scène culturelle

Au-delà des défis économiques et de sécurité, le président Djonabaye a également fait état d’une belle initiative culturelle prévue pour 2026. La province se prépare à accueillir le Festival international de la culture sahélo-sahélienne d’Amdjarass, qui se tiendra du 7 au 13 février. Cet événement promet d’être un vecteur de promotion des richesses touristiques et artisanales de la région, attirant ainsi une attention accrue sur ses potentiels.

La préparation de ce festival s’inscrit dans une dynamique plus large visant à réaffirmer le rôle culturel du Moyen-Chari sur la scène nationale et internationale. Il constitue un espoir de redynamisation économique à travers le secteur œuvrant pour la culture et le tourisme.

Conclusion

En somme, Dieudonné Djonabaye a présenté une feuille de route claire et ambitieuse pour l’économie du Moyen-Chari, englobant à la fois des projets de privatisation et des initiatives pour résoudre des problèmes de sécurité. Le succès de cette stratégie reposera non seulement sur des décisions politiques, mais aussi sur la mobilisation collective de toutes les forces vives de la province. Les prochaines étapes s’annoncent décisives pour l’avenir de la région.