Doctorants de N’Djamena : vers une recherche scientifique de qualité pour l’avenir
À l’université de N’Djamena, les portes s’ouvrent sur l’avenir des doctorants tchadiens
La Journée Portes Ouvertes des Doctorants de l’Université de N’Djamena s’est déroulée ce vendredi 8 mai au campus de Toukra, avec pour thème central : « Renforcer la dynamique doctorale pour une recherche scientifique de qualité au Tchad ».
L’événement a réuni des doctorants, des enseignants-chercheurs et des responsables académiques. Cette rencontre visait à explorer les réalités du doctorat au Tchad, tout en mettant en lumière les défis et perspectives du domaine.
Dans son discours, le Pr Abdelhakim Boukar Boukar, directeur de l’École doctorale en Sciences, Techniques et Environnement (ED-STE), a rappelé la création en 2015 des deux écoles doctorales de l’université, selon le décret n°585 du 24 novembre de la même année. Il s’agit de l’École doctorale Lettres, Sciences humaines et sociales et de celle des Sciences techniques et environnement.
L’offre académique de l’ED Lettres comprend six programmes doctoraux, incluant la géographie, l’histoire, la philosophie, les lettres et linguistique, les sciences de gestion et le droit. Quant à l’ED-STE, elle propose sept formations : physique et sciences de l’ingénieur, chimie, sciences biologiques, biologie et santé humaine, mathématiques-informatique, santé et production animale, et géosciences.
Afin de soutenir leur thèse, les doctorants de l’ED-STE sont tenus de publier au minimum un article indexé en tant que premier ou deuxième auteur. Les candidats de l’ED Lettres, quant à eux, doivent publier dans une revue dotée d’un comité de lecture reconnu. S’ajoutent à ces exigences deux rapports favorables et un taux de plagiat inférieur à 20 % selon les directives du CAMES. Il est également nécessaire de valider 180 crédits : 20 crédits issus de cours et séminaires, 60 crédits d’activités de recherche, et le reste concerne la gestion de projets et les compétences transversales.
Pr Boukar a souligné l’importance de structurer la recherche en associant chaque doctorant à un laboratoire avec des équipes bien définies et des thématiques claires.
Lors de l’ouverture officielle de la journée, Pr Tatoloum Amane, vice-président chargé des enseignements, a salué la « prise de conscience de la nécessité d’échanger et de réfléchir ensemble ». Il a mis en lumière les défis, tels que « l’encadrement parfois insuffisant, un accès inégal aux ressources, et des contraintes financières ». Il appelle à améliorer le co-encadrement, l’accès aux ressources et la mobilité scientifique, tout en assurant « une méthodologie basée sur la rigueur et le respect de l’éthique ».
Dans un plaidoyer adressé aux directeurs de thèse, Pr Amane a exhorté à un encadrement rigoureux, soulignant l’importance d’une présence effective pour assister les étudiants en cas de besoin, évoquant un « mea culpa collectif ».
Il conclut en rappelant que le doctorat est central à la mission universitaire, formant les compétences de demain qui enseigneront, innoveront et apporteront des solutions adaptées aux réalités tchadiennes.
Cette journée a permis de créer un espace de dialogue et d’écoute pour recueillir des propositions concrètes visant à améliorer les conditions des doctorants et promouvoir une recherche rigoureuse, fondée sur l’éthique, au service du Tchad.