Économie : l’UEMOA surpasse la CEMAC dans la reprise en Afrique subsaharienne

La Banque mondiale prévoit une croissance de 4,3 % en Afrique subsaharienne pour 2026, avec une légère hausse à 4,5 % en 2027. Cette dynamique révèle un écart grandissant entre les deux unions monétaires de la zone franc CFA, l’UEMOA et la CEMAC.

Dans l’UEMOA, la croissance s’annonce florissante avec une projection de 5,8 % en 2026. Après une performance de 6,1 % en 2025, cette région montre une vitalité impressionnante. En revanche, la CEMAC peine à suivre le rythme avec des prévisions autour de 3 à 4 %, oscillant vers 3,4 % selon certaines estimations pour 2026. Cette disparité met en lumière des différences structurelles significatives entre les deux unions.

Le Gabon et le Cameroun apparaissent comme les moteurs principaux de la CEMAC. Le Gabon devrait connaître une croissance de 3,7 % en 2026, augmentant à 4,1 % l’année suivante, tandis que le Cameroun prévoit de maintenir une croissance stable entre 3,7 % et 3,9 % durant la même période. À l’opposé, la Guinée équatoriale continue de subir d’importantes difficultés économiques avec une prévision de seulement 0,4 % de croissance en 2026, après une période de contraction économique. Le Congo et la République centrafricaine stagnent autour de 3 %, freignant ainsi l’essor global de la région.

Cet écart économique souligne la difficulté de la CEMAC, qui reste tributaire de secteurs peu diversifiés, notamment des hydrocarbures. Cette dépendance réduit les perspectives d’emploi et retarde l’intégration sociale et économique de ses États membres. L’UEMOA bénéficie quant à elle d’une économie plus variée et d’une répartition des bénéfices de croissance plus uniforme entre ses pays.

Selon la Banque mondiale, sans une impulsion marquée dans la diversification productive et les investissements privés à l’échelle régionale, la CEMAC continuera probablement de connaître une croissance moindre que celle de ses voisins de l’UEMOA. Les performances du Gabon et du Cameroun, bien que notables, ne suffisent pas à combler le fossé économique.

Ainsi, l’Afrique subsaharienne se trouve à un tournant critique où la diversification économique et les investissements structurants deviennent incontournables pour réaliser un développement harmonisé et inclusif.