Énergies renouvelables : une solution face à l’impasse politique actuelle
COP30 : Un tournant décisif pour l’action climatique, mais des défis politiques à surmonter
Le Sommet mondial sur le climat 2023, la COP30, se tient en Amazonie et réunit près de 200 pays, avec la participation de dizaines de milliers de dirigeants, scientifiques, militants et acteurs du secteur privé, marquant ainsi une étape cruciale dix ans après l’Accord de Paris.
Organisée à Belém, cette édition de la conférence aborde la mise en œuvre des engagements climatiques, et ne se contente pas des promesses, mais aspire à des mesures concrètes. Le principal objectif est d’initier ce que les organisateurs appellent une « décennie d’accélération et de concrétisation » pour tenter de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Les discussions durant ce sommet s’articuleront principalement autour de trois axes : finaliser un nouvel objectif de financement mondial, engendrer une nouvelle ère de protection pour les forêts et promouvoir une génération renouvelée de contributions nationales au climat (CDN).
À quelques jours du lancement officiel, l’ONU a organisé un Sommet préparatoire des dirigeants pour l’action climatique à Belém. Cet événement a été marqué par un profond message d’optimisme économique, les chefs d’État soulignant que les situations financières et technologiques évoluent de manière favorable. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, a exprimé sa conviction que la planète est à l’aube d’une « révolution des énergies renouvelables », annonçant la fin imminente de l’ère des énergies fossiles. « L’avenir doit être placé sous le signe des énergies propres », a-t-il affirmé.
Les propos de Guterres reposent sur des données objectives de 2024, durant lesquelles un impressionnant chiffre de 2 000 milliards de dollars a été investi dans les énergies renouvelables, surpassant de 800 milliards de dollars les investissements réalisés dans les énergies fossiles. En 2024, environ 90 % de la nouvelle capacité de production d’électricité installée à l’échelle mondiale proviendrait des énergies renouvelables, et les coûts de l’énergie solaire et éolienne deviennent les plus compétitifs. Ces avancées créent également trois fois plus d’emplois que les énergies traditionnelles.
Simon Stiell, Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, a concordé avec Guterres, précisant que bien que des progrès restent à faire, la réponse mondiale au changement climatique a déjà influencé la trajectoire du réchauffement. Toutefois, le véritable défi demeure d’ordonner les actions avec rapidité et équité.
Néanmoins, cet optimisme est assombri par un paysage politique fragilisé. La COP30 débute en effet sans la présence de plusieurs chefs d’État des plus grandes économies, notamment les États-Unis, la Chine, l’Inde et la Russie. L’absence notable de Donald Trump, président américain et critique virulent du changement climatique, pourrait influencer les débats, sa position ayant qualifié le phénomène de « supercherie » mondiale et rejeté la nécessité d’une action climatique concertée.
Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a mis en garde contre les « forces extrémistes qui propagent de fausses informations ». Les dirigeants colombien et chilien ont pris position en qualifiant Trump de « menteur », impliquant un rejet des données scientifiques établies. Le Premier ministre britannique, Sir Keir Starmer, a reconnu un affaiblissement du consensus politique autour de la question climatique, soulignant que cette nécessité d’unité, qui était claire par le passé, semble désormais en déclin.
Cette fragmentation du consensus complique considérablement l’objectif essentiel de la COP30 : encourager les nations à formuler des plans de réduction des émissions plus ambitieux. Un projet clé des discussions est la « Feuille de route Bakou-Belém », un plan visant à accroître le financement climatique de 300 à 1 300 milliards de dollars par an d’ici 2035. Simon Stiell a fait valoir qu’il s’agit d’un intérêt commun, et non d’une simple question de charité.
Un incident significatif survenu à l’approche des négociations a mis en exergue les tensions entre les discours et les réalités. Le Brésil, pays hôte, avait fermement défendu un programme phare de 125 milliards de dollars sous le nom de « Fonds pour les forêts tropicales éternelles », destiné à la protection des grandes forêts pluviales, qui devait être financé par 25 milliards de dollars provenant des pays développés. Le Royaume-Uni, impliqué dès le départ dans la conception du fonds, s’est retiré de manière inattendue. Cette décision a provoqué la colère du gouvernement brésilien, qualifiée de « coup dur » pour les efforts en cours.
En parallèle, les négociateurs auront à gérer des sessions techniques riches et variées. Le programme de la COP30 comprend la trentième session de la Conférence des Parties (COP 30), la septième session de l’Accord de Paris (CMA 7) et les soixante-troisièmes sessions des organes subsidiaires. Les discussions aborderont plusieurs thématiques cruciales, telles que le financement, où l’objectif de 1 300 milliards de dollars demeurera central. Au-delà de cela, les efforts se concentreront sur le déblocage de fonds pour l’adaptation et la création d’un Fonds pour les pertes et dommages.
Un autre point d’inquiétude est l’atténuation et les CDN, de nombreux pays n’ayant pas proposé de nouveaux plans plus ambitieux concernant leurs engagements de réduction des émissions pour 2030. La COP30 devra s’efforcer d’apporter des résultats significatifs dans ce domaine. De plus, les discussions aborderont la nécessité d’une transition juste, garantissant la protection des travailleurs et des communautés en période de changement énergétique. Enfin, les exigences énergétiques croissantes liées à l’intelligence artificielle sont désormais une réalité que les dirigeants doivent considérer pour s’assurer que la croissance est alimentée par des sources d’énergie propres et non par de nouvelles énergies fossiles.
La transparence des engagements sera également un sujet essentiel ; les pays devront avancer sur la mise en œuvre de nouveaux « rapports de transparence biennaux » (RTB), un mécanisme visant à assurer que les pays respectent leurs engagements.
Alors que les négociateurs de près de 200 nations s’installent à Belém pour établir des discussions cruciales, la COP30 se révèle un tableau contrasté. D’un côté, la « révolution des énergies renouvelables » a apporté les instruments techniques et financiers nécessaires pour s’attaquer sérieusement au changement climatique. De l’autre, un pessimisme latent reste palpable face à une volonté politique affaiblie, à des absences notables et à une méfiance croissante au sujet du financement.
L’importance symbolique de cette réunion en Amazonie est indéniable, mais l’avenir reste incertain. La réussite de la COP30 résidera dans sa capacité à concrétiser la « feuille de route Bakou-Belém » pour un financement soutenu ainsi que dans la demande urgente de nouvelles contributions nationales ambitieuses, et à combler l’écart existant entre les possibilités économiques et les réalités politiques. Les deux semaines à venir s’annoncent décisives pour déterminer si le monde peut réellement débuter la « décennie d’accélération » qui s’avère tant nécessaire.