Enquête ouverte après l’attaque au drone à Tiné : les dessous d’une escalade inquiétante.
Une enquête judiciaire ouverte après la frappe meurtrière de Tiné, au Tchad
Le procureur de la République, Moussa Abdelkerim Saleh, a annoncé ce jeudi 7 avril 2026 l’ouverture d’une information judiciaire à la suite d’une attaque par drone survenue le 18 mars dernier à Tiné, dans la province du Wadi-Fira, faisant un bilan tragique de 20 morts et 10 blessés parmi des civils.
Le drame s’est produit aux alentours de 17 h 30, lorsque un drone, identifié comme ayant décollé du territoire soudanais, a frappé le quartier Mabrouka à Tiné, situé à environ deux kilomètres de la frontière. Les victimes, rassemblées sur un lieu mortuaire à ce moment-là, ont été touchées sans avertissement. La réponse judiciaire s’est mise en place presque immédiatement. Lors d’une déclaration officielle, le procureur a promis de traduire les responsables de cette attaque en justice, soulignant que les investigations ne se limiteraient pas à une localisation géographique précise.
Une mission gouvernementale a été déployée dès le lendemain, comprenant des membres clés du gouvernement, tels que les ministres de la Défense et de la Sécurité publique ainsi que le chef d’état-major des armées et des experts de l’armée de l’air. Sur place, les enquêteurs ont découvert des débris de l’engin, des traces de sang et des effets personnels des victimes, ainsi que des munitions couramment utilisées dans le conflit soudanais.
Selon les premières analyses techniques, le parquet a pu confirmer l’utilisation de munitions standardisées utilisées par plusieurs parties prenantes au conflit au Soudan. Dans ce contexte, une expertise internationale a été sollicitée pour identifier précisément le camp responsable du tir. L’enquête se penche sur plusieurs qualifications, notamment atteinte à la sûreté de l’État, actes de terrorisme, homicides volontaires et destructions de propriétés publiques et privées.
Le bilan, encore provisoire, reste cauchemardesque : 20 personnes ont perdu la vie, tandis que 10 autres ont été évacuées vers N’Djamena pour recevoir des soins. En plus des pertes humaines, des dégâts matériels significatifs ont été signalés. Les témoignages recueillis par le procureur convergent vers la même conclusion : le drone a bien été lancé depuis le Soudan.
Moussa Abdelkerim Saleh a exhorté la population à faire preuve de calme et de vigilance, ainsi qu’à collaborer pleinement avec les autorités. Il a également formulé des avertissements contre toute forme de désinformation ou d’obstruction à l’enquête, annonçant que des mesures strictes seraient prises contre de tels comportements.
Le parquet s’est engagé à poursuivre les responsables, peu importe leur localisation, et a affirmé qu’il se réservait le droit de mener des actions légales tant au niveau régional qu’international. Saleh a souligné l’importance de cette affaire, ajoutant que le Tchad ne tolérerait aucune atteinte à son intégrité territoriale et utiliserait tous les moyens légaux pour protéger son territoire et ses citoyens.
Ce tragique événement s’inscrit dans un contexte régional marqué par un conflit armé au Soudan, dont les répercussions dépassent les frontières nationales. Le procureur a également rappelé la responsabilité collective des différentes forces impliquées dans ce conflit, sur la base du droit international, exprimant ainsi l’urgence et la nécessité d’une réponse coordonnée.
Cette affaire soulève des questions cruciales sur la sécurité dans la région, mettant en lumière la nécessité d’une vigilance accrue face aux enjeux transnationaux liés aux conflits armés, qui impactent directement des populations innocentes.