Enseignants, policiers et parents formés : un pas clé vers l’éducation sexuelle et les droits des femmes

Formation à N’Djamena : Renforcer les Droits des Femmes et l’Éducation Sexuelle

Une session de formation, essentielle pour l’émancipation des femmes et des jeunes filles, s’est achevée à N’Djamena, après avoir réuni des enseignants, des policiers et des parents.

Durant trois jours intenses, du 26 au 28 février, un groupe de 30 participants provenant de cinq provinces a été formé sur les droits des femmes et l’éducation sexuelle complète, sous l’égide du projet WISH2-WACA. L’atelier s’est concentré sur des sujets cruciaux tels que les violences basées sur le genre, les mutilations génitales féminines, et les mariages précoces. L’objectif était de doter les participants des outils nécessaires pour prévenir et gérer ces situations à la fois en milieu scolaire et dans les communautés.

Les recommandations formulées à l’issue de cet atelier soulignent l’urgente nécessité de réformes structurantes. Au ministère de l’Éducation nationale, il est proposé d’intégrer systématiquement l’éducation sexuelle complète dans les programmes scolaires, tout en promouvant la masculinité positive. Un appel est également lancé pour la création d’un système sécurisé de signalement des violences basées sur le genre dans les écoles, aux côtés de la nomination de points focaux formés pour cette tâche. De plus, fournir aux établissements des kits d’hygiène est exprimé comme une priorité.

Les recommandations s’étendent au ministère de la Femme, avec un appel au renforcement des campagnes de sensibilisation sur ces questions. La création de centres d’accompagnement juridique et psychosocial est jugée essentielle, tout comme l’octroi de bourses aux filles vulnérables pour garantir leurs droits fondamentaux à l’éducation et à la protection. De leur côté, les ministères de la Sécurité publique et de la Santé sont exhortés à assurer respectivement une prise en charge rapide et une assistance médicale confidentielle et gratuite aux victimes.

La présidente de l’AFLADEGT, Wouténé Mélissa, a exprimé sa satisfaction quant à l’engagement des participants. Elle a insisté sur le fait que la lutte contre les violences basées sur le genre nécessite une mobilisation collective, incluant les forces de sécurité et les enseignants, sans oublier le rôle crucial des parents. Écouter les enfants et lever les tabous relatifs à la sexualité sont apparus comme des impératifs.

La directrice pays d’IPAS, Fanta Zara Abakar, a salué la coopération entre les différents corps professionnels présents. Elle a mis en avant l’importance d’une collaboration accrue pour mieux protéger femmes et enfants, estimant que chaque acteur, une fois formé, devient un atout précieux pour sauver des vies.

Par cette initiative, N’Djamena confirme son engagement en faveur de la promotion des droits des femmes et de l’égalité de genre, contribuant ainsi à bâtir une société plus juste et solidaire.