Fatimé Boukar Kosseï, ex-ministre, en détention pour détournement de vivres : une affaire qui secoue le pays.
Fatime Boukar Kosseï et deux collaborateurs incarcérés pour détournement
L’ancienne ministre de l’Action sociale, Fatime Boukar Kosseï, a été placée sous mandat de dépôt ce lundi 27 octobre 2025, après son audition devant un juge d’instruction près la Cour suprême.
Cette arrestation fait suite à des soupçons d’irrégularités dans la gestion des fonds alloués aux vivres destinés aux populations vulnérables. Aux côtés de Kosseï, deux de ses anciens collaborateurs, Mahamat Abdelkerim Bagari, ex-secrétaire général, et Kaoudé Israël, ancien directeur des Solidarités, ont également été incarcérés à la maison d’arrêt de Klessoum.
Selon l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), une enquête en cours met en lumière des écarts significatifs entre les quantités de vivres réceptionnées et celles stipulées dans les marchés publics, soulevant des questions sur la gestion financière de cette aide sociale. Le préjudice total est évalué à plusieurs milliards de FCFA, sur des fonds alloués au cours des années 2023 et 2024.
Face à ces accusations graves, les demandes de mise en liberté provisoire formulées par les avocats des accusés ont été rejetées, et l’enquête pourrait s’étendre à d’autres structures impliquées dans cette affaire. Ce développement soulève des inquiétudes quant à la transparence et l’intégrité dans la gestion des ressources publiques, notamment en période de crise.
Les réactions à cette affaire ne se sont pas fait attendre. De nombreux citoyens et acteurs de la société civile expriment leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme un détournement de fonds destiné à des personnes déjà en situation de vulnérabilité. Des appels à une enquête approfondie se multiplient sur les réseaux sociaux, témoignant d’un désir croissant de justice et de responsabilité de la part des fonctionnaires.
Cette affaire met en lumière les failles du système de contrôle et de gestion des aides sociales, un sujet crucial dans un pays où les enjeux de pauvreté et d’inégalités sont déjà préoccupants. Les réactions politiques ne se sont pas faites attendre, certains opposants au gouvernement soulignant la nécessité d’une réforme globale des institutions pour prévenir de futures irrégularités.
Alors que l’enquête se poursuit, le pays attend de voir comment les autorités judiciaires traiteront ce dossier sensible, qui pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble du paysage politique et administratif chadien.