Faustin Djimoudouel : un engagement transformateur pour l’éducation au Tchad

Introduction

Le procès de Faustin Djimoudouel, figure emblématique du monde éducatif et syndical au Tchad, s’est ouvert le 26 janvier à N’Djaména. Inculpé pour incitation à la révolte, usurpation de titre et trouble à l’ordre public, il avait été placé sous mandat de dépôt le 8 janvier 2026.

Déroulement des faits

Faustin Djimoudouel, président du Syndicat indépendant des enseignants du Tchad (SIET), est né le 29 décembre 1972 à N’Djamena. Premier d’une fratrie, il est marié et père de neuf enfants. Enseignant certifié de 8ᵉ échelon, il possède plus de vingt ans d’expertise dans l’enseignement secondaire au Tchad. Son parcours scolaire a débuté en 1978 à N’Djamena, se poursuivant entre le Tchad et le Cameroun, où il a fréquenté plusieurs établissements, notamment l’école des réfugiés de Yakoualé et le lycée mixte de Kousséri. Il a terminé ses études secondaires au lycée Félix Éboué de N’Djamena, obtenant un baccalauréat série D.

La carrière universitaire de Djimoudouel s’est orientée vers la géographie à l’Université de N’Djamena, où il a décroché une licence et une maîtrise en aménagement urbain. Il a également enrichi sa formation par des études à l’Université de Yaoundé I en 2012 et a poursuivi en 2025 un master en Population et Développement à l’Université de N’Djamena.

Contexte et impact

Djimoudouel a intégré la Fonction publique en 2004, occupant divers postes de responsabilité dans plusieurs lycées de la capitale, tels que proviseur et censeur. Son engagement ne s’est pas limité au secteur public; il a également contribué à l’enseignement privé. De 1998 à 2003, il a enseigné au lycée Sans Frontière et au lycée HEC-Tchad. En 1998, il a fondé les établissements scolaires FAUSTA-AVENIR, reconnus par l’État, mais cette initiative a connu un arrêt abrupt en raison de circonstances personnelles.

Sur le plan syndical, Djimoudouel s’est d’abord engagé au sein du Syndicat des enseignants du Tchad (SET) de 2004 à 2023. Critiquant les pratiques du bureau sortant, il a pris la tête d’un comité de crise et, en août 2024, il a fondé le SIET. Ce syndicat, bien qu’ayant une influence notable, n’est pas reconnu par le gouvernement tchadien.

Clôture

Parallèlement à ses activités principales, Djimoudouel a suivi des formations en secourisme avec la Croix-Rouge, ainsi qu’en informatique et musique religieuse, reflétant une personnalité polyvalente. Tout au long de sa carrière, il a incarné la résilience et l’engagement au service du système éducatif tchadien, faisant de l’éducation non seulement un métier, mais un combat. Le procès en cours pourrait marquer un tournant significatif dans le paysage syndical et éducatif du pays.