Formation inédite à N’Djamena : enseignants, policiers et parents unis pour l’éducation sexuelle et les droits des femmes

Lancement d’une Formation sur les Droits des Femmes et l’Éducation Sexuelle à N’Djamena

L’Association des féministes leaders pour l’accès aux droits et à l’équité du genre (AFLADEGT) a inauguré une session de formation visant à promouvoir les droits des femmes et l’éducation sexuelle complète à N’Djamena. Cette initiative, mise en place le 26 février, s’inscrit dans le cadre du projet WISH 2 – WACA (Women’s Integrated Sexual Health – West Africa and Central Africa).

Réunissant 30 participants, incluant des enseignants, des agents de police et des parents d’élèves, cet atelier se concentre sur le renforcement des compétences en matière de prévention, d’identification, et de soutien aux jeunes victimes de violences dans les milieux scolaire et communautaire.

Données Alarmantes au Tchad

Lors de l’ouverture, divers intervenants ont évoqué des statistiques préoccupantes. Au Tchad, plus de 60 % des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. Les violences sexuelles demeurent fréquentes, touchant des enfants et des adolescentes, tandis que les avortements clandestins menacent gravement la santé et la vie de nombreuses femmes.

La directrice-pays de l’organisation IPAS, en partenariat avec le projet, Fanta Zara Abakar, a exprimé sa préoccupation face à ces atteintes aux droits fondamentaux et à la dignité des filles. Selon elle, les enseignants, parents et forces de sécurité jouent un rôle crucial pour identifier les signaux d’alerte et aider à briser les tabous entourant la sexualité et la prévention.

Approche Multisectorielle

Andrea Aziabou, chargée de programmes à WILDAF Afrique de l’Ouest, a expliqué que cette formation repose sur une démarche multisectorielle basée sur des recherches de terrain. Les parents, souvent premiers confidents, les enseignants, capables de détecter les mariages précoces, et les policiers, essentiels dans la gestion des plaintes, forment un trio stratégique pour renforcer la protection des victimes. L’atelier leur fournit des outils pratiques pour mieux répondre à ces enjeux.

La session a été officiellement lancée par Ndero Françis Djimasdé, directeur de la planification au ministère de la Femme. Il a souligné que les mariages précoces, les grossesses adolescentes et les violences basées sur le genre restent des défis considérables au Tchad. Djimasdé a exhorté les participants à devenir des acteurs du changement au sein de leurs communautés, en faveur de la protection et de la promotion des droits des filles.

Enjeux et Perspectives

Cette formation s’inscrit dans un contexte où le Tchad cherche à intensifier ses efforts pour combattre les inégalités de genre et protéger ses jeunes populations. L’initiative d’AFLADEGT, en collaboration avec divers partenaires, vise à créer un environnement où les femmes et les filles peuvent s’épanouir en toute sécurité et avec dignité.

Alors que la formation se poursuit, il est essentiel de surveiller son impact sur les connaissances et les pratiques des participants, dans l’espoir d’un effet durable sur les communautés tchadiennes.

Cette session représente une étape importante vers l’amélioration des droits des femmes et des filles au Tchad, traduisant une volonté collective de changement et de progrès.