Frustrations et accusations de marginalisation : SENAFET 2026 à Moundou sous tension
Clôture controversée de la SENAFET 2026 à Moundou
La 39ᵉ édition de la Semaine nationale de la femme tchadienne (SENAFET), tenue à Moundou du 1er au 6 mars 2026, s’est terminée dans un climat de tensions et de ressentiments parmi les participantes.
Durant cette semaine consacrée à la célébration des femmes tchadiennes, diverses activités culturelles et sociales ont été proposées. Pourtant, plusieurs voix ont exprimé leur insatisfaction face à un manque flagrant d’inclusion. Des critiques ont émergé concernant la gestion du programme et l’organisation générale de l’événement, suscitant un débat sur l’alignement des pratiques avec la thématique de cette année : « Chaque femme compte ».
Notamment, le collectif des artistes féminines de Moundou a fait part de sa frustration, se voyant exclu des manifestations culturelles, contraste frappant avec l’esprit du thème. L’artiste Fany Jay a publiquement exhorté les organisateurs à honorer les engagements pris envers les participantes. Elle a mis en lumière la marginalisation persistante des artistes féminines malgré leur contribution considérable à la scène culturelle locale.
Par ailleurs, les plaintes se sont multipliées du côté des femmes vivant avec un handicap, dont le segment a été négligé selon Mme Djihalate Bienvenue Bembaye Nicaise. Elle évoque un sentiment d’abandon et souligne le non-respect même dans la distribution de pagnes dédiés à l’événement. Ce groupe a réclamé une considération égalitaire, mettant en avant leurs capacités et leur droit à une participation pleine et entière.
La commission communication, composée de professionnels des médias locaux, a également exprimé ses doléances. Le fonds initialement prévu pour cette commission n’a pas été délivré, ou tout du moins jugé insuffisant, entraînant un boycott de la couverture médiatique de la cérémonie de clôture par plusieurs radios communautaires.
Des rumeurs d’irrégularités dans la distribution de matériel, notamment les pagnes, ont été confirmées par des sources internes. Des difficultés financières auraient précipité la conclusion prématurée de l’événement, avec un budget de 8,88 millions de francs CFA jugé inadéquat pour l’ampleur de la manifestation.
Les défis rencontrés par les participantes venues de zones rurales, notamment à Mbalkabra, ont amplifié les critiques. Celles-ci ont relaté des problèmes logistiques, allant jusqu’à la difficulté d’accès à des repas durant leur séjour.
En dépit de l’importance de SENAFET pour les droits et la reconnaissance des femmes au Tchad, l’édition 2026 a manifestement laissé plusieurs questions en suspens. Les participantes et les observateurs espèrent une meilleure planification et une sensibilité accrue aux besoins de toutes les femmes lors des futures éditions.